Un député de l’opposition appelle à la nationalisation des richesses aurifère et halieutique du pays

Le député de l’opposition siégeant au Parlement mauritanien, Biram Dah Abeid, a déclaré que le bilan de l’action gouvernementale présenté jeudi dernier par le Premier ministre Mokhtar Ould Diay « n’est d’aucune utilité et n’a aucun impact sur la vie des citoyens », estimant que depuis 1992, il est présenté de la même manière sans résultats concrets, selon ses propres termes.
Ces propos ont été tenus lors d’une session parlementaire consacrée à la discussion du discours du Premier ministre sur le bilan de l’action gouvernementale, au cours de laquelle Biram Dah Abeid a adressé une série de messages, dont le premier au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, l’appelant à investir dans les institutions de l’État, à renforcer leur indépendance, à ne pas les affaiblir et à lutter contre la corruption « avec la fermeté nécessaire », notamment, selon lui, en confisquant les fonds des corrompus, en les restituant au peuple et en les investissant pour le bien être de celui-ci.
Evoquant le dialogue politique auquel a appelé le président mauritanien, le député de l’opposition a déclaré que cet appel intervenait à un « moment charnière », que les forces politiques y participent ou le boycottent, estimant que le succès de tout dialogue, selon lui, dépend de deux facteurs essentiels, le premier étant la participation de tous, et le second la volonté politique du président qui l’appelle, estimant cependant que celle-ci fait défaut.
Biram Dah Abeid a adressé un deuxième message au Premier ministre, l’interrogeant sur l’impact des réalisations mentionnées dans son discours, affirmant que seuls les soutiens du régime ressentent ces réalisations, car tirant profits des contrats et des emplois, tandis que le grand public n’en ressent pas les effets, ajoutant que les indicateurs sur le terrain, le prouvent, citant la hausse des prix pendant le mandat du régime actuel, la persistance des problèmes d’électricité et d’eau, et la criminalité à grande échelle.
Le député s’est également interrogé sur le dossier de la corruption, évoquant ce qu’il a qualifié de vol de 450 milliards d’ouguiyas, et a demandé des éclaircissements sur le sort de ces fonds et les mesures prises à leur sujet, ceci au moment où de pauvres citoyens pourrissent en prison pour le vol d’un simple téléphone ou une bombonne de gaz a ajouté le député.
Dans une dernière adresse cette-fois à ses collègues députés, Biram Dah Abeid les a appelant à agir pour protéger les richesses naturelles, qui, selon lui, sont pillées, en particulier dans les domaines de la pêche et de l’or, demandant leur nationalisation, à l’instar de celui de la MIFERMA sous le régime de feu Mokhtar Ould Daddah.
Il a accusé les entreprises étrangères de contrôler ces richesses en collusion avec des corrompus, selon ses propres termes, alors que le peuple est condamné à se suffire avec des discours fleuve bien ficelés dans le discours du Premier ministre ».





