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Lancement par alliance maroco-chinoise de projets énergétiques propres allant de l’Europe vers l’Afrique

Sahara Media : Rabat

Une alliance regroupant le groupe marocain « Marita » et la société chinoise « Gotion Hi-Tech » a annoncé le lancement d’un ensemble de projets dans les domaines de l’énergie propre, du stockage d’électricité et de la mobilité électrique, s’étendant de l’Europe à plusieurs pays africains, une initiative qui reflète l’accélération des investissements transcontinentaux dans le secteur de l’énergie durable.

Des accords de coopération ont été signés dans la capitale marocaine, Rabat, entre Mustapha Haboucha, directeur général et vice-président du groupe « Marita » chargé de la coordination des activités du groupe, et Li Chen, président du conseil d’administration de la société « Gotion Hi-Tech ».

Cette alliance vise à développer un système intégré comprenant la production d’énergie solaire et son stockage via des batteries de pointe, ainsi que la décarbonisation des activités industrielles, en mettant l’accent sur les marchés africains qui souffrent d’un manque d’approvisionnement électrique fiable.

« Gotion Hi-Tech » est l’une des entreprises mondiales de premier plan dans l’industrie des batteries. Classée « Tier 1 » par BloombergNEF, elle s’appuie sur les technologies des batteries au lithium fer phosphate (LFP) et les systèmes de stockage d’énergie. Elle exploite également une usine à Kénitra, dans le nord du Maroc, d’une capacité de production annuelle de 20 GWh.

De son côté, le groupe « Marita », fondé à Rabat en 1994, dispose d’un vaste réseau de relations en Afrique, avec une présence dans plusieurs secteurs, notamment l’exploitation minière, l’agriculture et l’immobilier, ainsi que des bureaux sur quatre continents, ce qui lui confère la capacité de mettre en œuvre des projets sur le terrain.

Les responsables de l’alliance ont déclaré que les deux parties avaient signé six protocoles d’accord portant sur des projets spécifiques, parmi lesquels un système de stockage d’énergie dans la ville italienne de Trieste, des projets d’énergie solaire en Afrique, ainsi que l’introduction de camions électriques à longue autonomie, des initiatives visant à décarboner le secteur minier dans l’est du Maroc, et des projets liés à l’économie circulaire et à la valorisation des déchets.

Le projet de Trieste constitue la première application concrète de cette coopération : une centrale solaire d’une puissance de 2,4 mégawatts, équipée d’un système de stockage, est en cours de développement, avec un investissement initial d’environ 2,5 millions de dollars, auquel s’ajoutent des investissements immobiliers pouvant atteindre 40 millions de dollars. Le projet devrait permettre de réduire les émissions de dioxyde de carbone d’environ 37 840 tonnes par an.

La deuxième phase du projet prévoit une extension pouvant atteindre 7 gigawatts, avec des investissements estimés à environ 1,4 milliard d’euros, et des plans visant à reproduire ce modèle dans d’autres régions.

En Afrique, l’alliance adopte une approche différente selon chaque marché. Au Maroc, un projet est en cours de développement dans la région de Rachidia pour assurer l’autonomie énergétique d’une installation minière grâce à une centrale d’une puissance de 30 mégawatts et un système de stockage d’une capacité de 68 mégawattheures. Des négociations sont également en cours dans des pays d’Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria, en Côte d’Ivoire et au Ghana, pour remplacer les générateurs diesel par des systèmes d’énergie propre.

En Afrique de l’Est et en Afrique centrale, les projets se concentrent sur l’électrification des infrastructures, notamment des écoles et des bâtiments publics, en particulier au Rwanda et en Ouganda, avec un intérêt manifesté par d’autres pays tels que l’Angola et le Congo.

La coopération porte également sur des projets d’économie circulaire, notamment des installations destinées à traiter environ 12 000 tonnes de déchets plastiques par an pour produire du carburant synthétique, ainsi que des projets agricoles durables fonctionnant entièrement à l’énergie solaire.

Selon les analystes, ce type de partenariats reflète une évolution des modèles d’investissement en Afrique, où la technologie de pointe est associée à l’expertise locale afin de réduire les risques et d’accélérer la mise en œuvre.

Cette initiative intervient à un moment où le continent africain a besoin d’investissements estimés à environ 25 milliards de dollars par an pour assurer l’accès universel à l’électricité, selon les estimations d’institutions internationales.

L’alliance a indiqué avoir obtenu un soutien de principe de la Banque africaine de développement, ce qui pourrait renforcer les chances de mobiliser des financements pour de futurs projets.

Malgré les défis liés au financement, aux infrastructures et à la réglementation, cette coopération devrait contribuer à accélérer la transition vers les énergies propres dans plusieurs pays africains, avec la possibilité d’étendre son champ d’action au cours des prochaines années.

 

 

 

 

 

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