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Les camionneurs à la frontière mauritano-malienne ne semblent pas inquiets face à la guerre qui se déroule au Mali

Gougui Zemal : Abdallah Sidina (correspondant de Sahara médias)

 

Des dizaines de camions attendent à l’entrée du poste-frontière de Gougui Zemal, du côté mauritanien, pour traverser vers le Mali, certains sont chargés de marchandises en provenance du Maroc, d’autres d’Europe.

La guerre au Mali ne semble pas préoccuper les chauffeurs ; la plupart d’entre eux se dépêchant d’accomplir les formalités de passage et de pouvoir livrer leurs cargaisons à leurs destinataires à Bamako.

Les nouvelles des attaques armées n’inquiètent pas Othman Doukali, qui a appris à vivre avec.

Il est désormais habitué à voir passer à ses côtés des motos transportant des membres de groupes armés, ou qui bloquent parfois la route.

Il déclare à « Sahara Media » qu’il emprunte cette route depuis des années en venant du Maroc, et que ni sa cargaison ni son camion n’ont jamais été confisqués.

Doukali ajoute que la route reliant le poste-frontière de Gougui-Zemal, du côté mauritanien, au passage vers le côté malien reste praticable, précisant que les conducteurs ne subissent aucune nuisance lors de leur traversée jusqu’à leur arrivée à Bamako.

Samedi dernier, à l’aube, des hommes armés appartenant au groupe « Soutien de l’islam et des musulmans » et au Front de libération de l’Azawad ont quitté leurs camps à bord de motos et de 4×4 pour mener une attaque armée visant Kati, Bamako, Safari et Gao, ainsi que Kidal.

Ces attaques comptent parmi les plus violentes depuis le début de la guerre en 2012, les assaillants ayant infligé de lourdes pertes à l’armée malienne et à la Légion africaine russe, notamment la chute de Kidal et la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, tandis que le président de transition Assimi Goïta a échappé à une tentative d’assassinat après que sa résidence ait été prise pour cible.

Bien que ces attaques aient fait craindre que le Mali ne tombe aux mains des groupes armés, dans un climat d’incertitude quant au sort de Goïta au cours des premiers jours, la circulation des camions n’a pas cessé, comme si leurs propriétaires s’étaient habitués à cette situation critique au cours des dernières années, avant qu’elle n’atteigne son paroxysme le week-end dernier.

Des dizaines de camions attendent leur tour pour entrer au Mali, en attendant que les formalités soient accomplies au poste-frontière. « Un tel nombre de camions ne peut pas passer, l’heure de fermeture du poste-frontière est arrivée », déclare un officier.

Un agent de police à la frontière inspecte les camions et vérifie certains de leurs documents avant de les tamponner pour leur permettre de passer du côté malien, conseillant aux chauffeurs de faire preuve de prudence sur la route menant à Bamako.

Une source sécuritaire au poste-frontière de Gogui-Zemal a déclaré à « Sahara Media » que la situation était normale et que la circulation se déroulait sans encombre à l’entrée comme à la sortie, soulignant qu’elle n’avait pas ralenti au cours du week-end dernier.

La source a ajouté que le poste-frontière fonctionne normalement, comme les autres jours, les camions et les voitures passant sans encombre, tant à l’entrée qu’à la sortie du pays.

La même source a indiqué avoir reçu des informations selon lesquelles des hommes armés du groupe Nasra al-Islam auraient coupé, mardi, un tronçon de la route menant à Bamako sur le territoire malien, avant que l’armée malienne n’intervienne pour rouvrir la route.

Il a poursuivi : « Regardez ces camions, ils attendent que les formalités d’entrée soient accomplies ; certains chauffeurs attendent un document d’autorisation de passage, tandis que d’autres camions sont retenus par les douanes pour non-paiement des droits de douane sur leur cargaison. »

Le correspondant de « Sahara Media » s’est rendu au poste-frontière et a rencontré plusieurs chauffeurs qui ont affirmé qu’ils achèveraient les formalités le lendemain matin afin de traverser vers le Mali.

Il semble que ces chauffeurs fassent partie des rares personnes qui persistent à vouloir se rendre dans un pays qui a fait la une de l’actualité ces derniers jours, les images en provenance de là-bas rendant le voyage périlleux, surtout depuis l’annonce par le groupe « Soutien de l’islam et des musulmans » d’un blocus sur Bamako.

Le porte-parole du groupe « Soutien de l’islam et des musulmans », lié à Al-Qaïda, a déclaré dans un enregistrement vidéo récemment diffusé que le groupe avait l’intention d’imposer un « blocus » sur la capitale malienne, Bamako, qui concernerait la circulation des véhicules et des personnes.

Le porte-parole, qui s’est présenté sous le nom d’Abou Hudhaïfa al-Bambari, a ajouté que le groupe avait mis en garde les civils contre toute implication dans les événements en cours, les exhortant à se tenir à l’écart des zones de tension.

Des sources ayant précédemment parlé à « Sahara Media » ont indiqué que des véhicules en provenance de la ville de Ségou avaient été arrêtés sur les routes menant à Bamako, ce qui les a empêchés d’atteindre la capitale, alors que les déplacements des civils avaient été considérablement affectés.

Dans le même temps, le Corps d’Afrique russe a déclaré ce vendredi que ses forces avaient escorté un convoi de camions-citernes comprenant plus de 800 unités jusqu’à Bamako, malgré les déclarations d’activistes faisant état d’un blocus imposé à la ville.

Le corps d’armée a ajouté, dans un communiqué, que le convoi avait bénéficié d’une couverture aérienne assurée par ses hélicoptères, sans donner plus de détails sur son itinéraire ni sur l’organisme qui l’avait organisé.

 

 

 

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