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Une centaine d’avocats proteste contre l’incarcération d’un confrère considérée comme une violation flagrante de l’indépendance de la profession

Un groupe d’une centaine d’avocats en Mauritanie a déclaré que l’arrestation et l’incarcération de l’avocat Abderrahmane Zerroug constituaient une « violation flagrante » du droit à la défense et de l’indépendance de la profession d’avocat, et a demandé aux autorités judiciaires de revenir sur les mesures prises à son encontre.

Le « Front de défense de la défense » a ajouté, dans un communiqué publié ce vendredi, que Zerroug avait été arrêté après une émission en direct consacrée à l’affaire de sa cliente, Warda Slimane, en réponse à une conférence de presse organisée par le parquet le même jour.

Le communiqué précise que l’avocat a été arrêté dans son cabinet alors qu’il préparait la défense de ses deux clientes, les députées Marieme Cheikh et Ghamou Achour, le jour de leur procès, indiquant que son cabinet a été perquisitionné et que son téléphone a été saisi avant qu’il ne soit placé en garde à vue, puis déféré au parquet et au juge d’instruction qui a ordonné son incarcération.

L’association a estimé que les mesures prises à l’encontre de Me Zerrouk étaient « nulles », en s’appuyant sur des articles du code des avocats et du code de procédure pénale, et a déclaré que la poursuite d’un avocat pour des opinions exprimées dans l’exercice de ses fonctions « constituait une atteinte grave aux droits de la défense et aux garanties d’un procès équitable ».

Les signataires de la déclaration ont appelé les autorités judiciaires à « faire preuve de sagesse et d’impartialité » et à ne pas « plonger la profession dans un climat d’escalade et de tension », soulignant que l’immunité de l’avocat « n’est pas un privilège personnel, mais une garantie du droit des individus et des institutions à la défense ».

Le groupe a souligné que « le harcèlement de tout avocat dans l’exercice de sa profession ou en raison de celle-ci constitue une attaque contre l’ensemble des avocats », affirmant son attachement à ce qu’il a qualifié de moyens juridiques et institutionnels pour défendre l’indépendance et la dignité de la profession.

 

 

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