
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a demandé à l’Assemblée nationale « de procéder à une deuxième lecture du projet de loi portant modification de la loi électorale », que le Parlement avait adopté il y a quelques jours.
Le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, a déclaré que « le texte transmis au président après le vote n’était pas la version correcte ».
Ndiaye a précisé qu’il s’agissait d’une erreur, qui a été corrigée par l’envoi de la version correcte comprenant les modifications adoptées.
Le président du Parlement a confirmé avoir discuté de la question avec le président de la République, mais que celui-ci n’avait pas été convaincu par les explications fournies.
Dans sa lettre adressée au Parlement, le président sénégalais a déclaré : « La Constitution sénégalaise confère au président de la République le droit de demander la révision d’une loi votée, après avoir présenté des motifs convaincants », ajoutant qu’il avait constaté que la question des deux versions avait été relayée dans la presse par le biais de déclarations de certains députés et qu’afin de lever toute ambiguïté et de garantir la conformité du texte à la volonté réelle de l’Assemblée, il avait demandé une nouvelle lecture du texte lors d’une nouvelle délibération.
L’Assemblée nationale doit donner suite à la demande du président de la République conformément aux dispositions de la Constitution.
Le président sénégalais avait déclaré, dans des propos tenus il y a quelques jours, qu’il « n’avait pas compris la décision du Parlement concernant la modification de la loi électorale ».
Cette demande s’inscrit dans un contexte que la presse sénégalaise a qualifié de « situation sans précédent qui aggrave la crise au sommet du pouvoir au Sénégal ».
La modification de la loi électorale, notamment des articles 29 et 30, concerne les conditions d’inéligibilité aux élections en raison de condamnations judiciaires.
L’article 29 excluait définitivement des listes électorales les personnes condamnées pour certaines infractions, tandis que l’article 30 excluait, pour une durée de cinq ans, celles condamnées à une amende d’un montant élevé.
L’amendement, présenté par les députés du parti Pastef et adopté à une écrasante majorité, vise à supprimer l’exclusion définitive pour la remplacer par une durée déterminée de cinq ans, et à modifier la liste des infractions entraînant l’exclusion, en supprimant certaines infractions telles que la diffamation.
L’opposition sénégalaise a qualifié cet amendement d’« amendement sur mesure » pour le Premier ministre Ousmane Sonko, dont l’éligibilité aux élections de 2029 fait l’objet d’une vive controverse au Sénégal, après sa condamnation dans une affaire de diffamation contre l’un des ministres du gouvernement de l’ancien président Macky Sall.





