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AL MOURITANIYA-AL BARLEMANIA : le divorce est-il consommé ?

La relation entre la présidence de l’assemblée nationale et la direction de la télévision nationale est arrivée à un point de non-retour après un différend à propos de la ligne éditorial, le mode de gestion et le financement de la chaîne parlementaire « AL BARLEMANIA », relevant administrativement de la télévision officielle et logée dans les locaux de l’assemblée nationale.

Selon les sources de Sahara Media des tentatives sérieuses sont actuellement en cours en haut lieu destinées à séparer la chaîne parlementaire d’Al Mouritaniya, la chaîne mère pour en faire un appareil parlementaire relevant entièrement de la présidence de l’assemblée nationale.

Cette situation a été provoquée par la décision prise lundi dernier par le directeur général de la télévision nationale Abdallahi O. Ahmed Damou affectant le directeur de la chaîne parlementaire, Sidi O. Nemine à la chaîne sportive, un poste qu’il avait déjà occupé pendant 18 mois avant sa nomination à la tête de la chaîne parlementaire il y a près de six mois.

Pour lui succéder, O. Ahmed Damou a nommé Cheikhna O. Cheikh Saad Bouh, une décision immédiatement rejetée par la présidence de l’assemblée nationale qui tient au maintien d’Ould Nemine à son poste, une mesure qui a porté la crise entre les deux parties à son apogée.

Réagissant immédiatement à la décision du directeur général de la télévision nationale, la présidence de l’assemblée nationale a mis le personnel de la chaîne « Al Barlemaniya » en permission de deux jours, pendant les quels celle-ci rediffusera d’anciennes émissions.

Autres mesure prises par la présidence de l’assemblée nationale la restitution à la télévision nationale de son matériel qui se trouvait dans les locaux de la chaîne et le renvoi de quatre caméramans qui y travaillaient.

Les locaux de la chaîne parlementaire ont été fermés sur ordre de la présidence de l’assemblée nationale et les gardiens des locaux instruits d’empêcher le nouveau directeur nommé d’accéder aux locaux.

La première étincelle

Depuis que la chaîne parlementaire « AL BARLEMANIYA » a commencé à émettre sur le satellite « ARABSAT », elle faisait la concurrence à la chaîne mère à laquelle elle faisait de l’ombre.

Son audience s’étant particulièrement élargie, appréciée au détriment de la chaîne mère pour occuper la première place parmi les chaînes nationales en matière d’audience, selon les données de la haute autorité de la presse et de l’audiovisuel.

La nouvelle chaîne s’est appuyée sur de jeunes compétences et sur les réseaux sociaux pour vulgariser son produit médiatique, faisant de l’ombre à la chaîne mère et entraînant de larges critiques à son endroit.

Les dissensions nées entre la direction de la télévision « AL MORITANIYA » et la présidence de l’assemblée nationale ont été envenimées par les commentaires sur les réseaux sociaux particulièrement critiques à l’endroit de la télévision nationale.

Ce différend est apparu au grand jour après que la chaîne mère avait censuré près des deux tiers d’une interview réalisée avec le premier vice-président de l’assemblée nationale, Boidjel O. Houmeid par AL BARLEMANIYA en août dernier, prétextant des déclarations politiques contraires à sa ligne éditorial.

Cette mesure qui avait provoqué l’ire du président et du premier vice-président de l’assemblée nationale, avait amené le gouvernement à désigner un comité ministériel pour gérer la crise.

Une première étape sur la voie de la séparation des deux entités, avec instruction de publier, dans son intégralité l’interview du vice-président de l’assemblée nationale.

La commission de médiation

Le comité ministériel, qui compte en son sein le directeur de la chaîne Al Barlemaniya, Sidi O. Nemine et des représentants d’un certain nombre de départements ministériels, a échoué dans ses tentatives de résoudre la crise entre la direction d’ALMOURITANIYA et la présidence du parlement en déterminant les contours de la relation qui doit exister entre AL BARLEMANIA et la chaîne mère.

Pendant ce temps le directeur général de la télévision nationale, Abdallahi O. Ahmed Damou, en sa qualité de directeur général de la télévision nationale, avait signé une note de service qui détermine la ligne éditorial de la nouvelle chaîne lui interdisant d’accueillir les représentants de certains partis politiques représentés au parlement, une décision que la chaîne a refusé d’observer qui atteste qu’elle représente la diversité au sein de l’assemblée nationale.

Alors que le gouvernement tentait de trouver une solution à la crise, le fossé continuait à se creuser entre les deux camps, chacun d’entre eux voulant marquer des points.

Le président de l’assemblée nationale a chargé une commission juridique de préparer une structure et un plan prévoyant l’indépendance d’AL BARLEMANIYA par rapport à la chaîne mère et son rattachement aux instances de l’assemblée nationale.

Il a déjà mobilisé des moyens financiers pour l’achat des équipements propres à la chaîne parlementaire, attendus dans les prochains jours.

Pour sa part le directeur général d’AL MOURITANIYA, Abdallahi O. Ahmed Damou, a fait usage de ses prérogatives avant la séparation des deux structures, et a nommé un nouveau directeur pour la chaîne AL BARLEMANIYA afin de brouiller les cartes et perturber les prévisions de ses adversaires, une mesure décriée à l’assemblée nationale.

L’avenir de la chaîne AL BARLEMANIYA reste incertain face à cette lutte engagée entre les deux parties, et les responsables de cette chaîne, la première du genre dans le pays et probablement même dans la région, craignent qu’elle ne fasse les frais de divergences politiques dans les dédales du pouvoir.

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