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Algérie : l’armée refuse toute condition pour l’entame d’un dialogue

Le chef d’état-major de l’armée algérienne le général Ahmed Caid Salah a rejeté ce mardi des conditions préalables au dialogue posées par l’instance supposée diriger les concertations en vue de l’organisation d’élections présidentielles et la sortie de la crise politique.

Lors d’un discours à l’occasion de la sortie de nouvelles promotions des écoles militaires, le chef d’état-major que le dialogue doit tourner autour de la question des élections et seulement cette question, loin de toute volonté d’imposer des conditions préalables, inacceptable, selon lui.

Depuis la démission du président Bouteflika le 2 avril, le chef d’état-major de l’armée algérienne s’est imposé comme l’homme fort du pays.

Jeudi dernier la présidence algérienne a annoncé la création d’une « instance nationale de médiation et de dialogue » composée de 6 personnes avant d’être élargie à 7 lundi dernier, chargée de se concerter avec les composantes de la société civile, les partis politiques, les personnalités nationales, la jeunesse et les activistes du mouvement de protestation en Algérie.

Le président algérien par intérim, Abdel Kader Ben Salah dont le mandat s’est achevé le 9 juillet, s’est engagé devant les membres de cette instance de prendre des mesures d’apaisement, dont notamment la libération de toutes les personnes interpellées lors des manifestations et l’allégement des mesures de sécurité qui empêchaient de nombreux algériens hors d’Alger à participer aux manifestations organisées tous les vendredis.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne estime que le président par intérim s’est engagé à garantir toutes les conditions appropriées pour l’organisation des élections dans les meilleurs délais et « qu’il n’y a donc pas lieu de perdre le temps.»

Le général Ahmed Caid Salah a précisé que seule la justice est en droit de trancher en ce qui concerne le sort des personnes détenues lors des manifestations qui, selon lui, « ont porté atteinte aux symboles et institutions de l’état et à l’emblème national ».

Relativement à la seconde exigence, celle d’autoriser les algériens résidents hors de la capitale à participer aux manifestations du vendredi, le chef d’état-major de l’armée algérienne la considère « suspecte et illogique» avant d’ajouter que les mesures préventives prises par les services de sécurité pour sécuriser les marches sont dans l’intérêt du peuple et destinées à le protéger et non le contraire.

Le mouvement de protestation lancé depuis le 22 février exige le départ de tous les symboles de l’ancien régime, dont le président par intérim dont le mandat s’est achevé le 9 juillet, Abdel Kader Salah et le premier ministre Noureddine Bedeoui avant toute élection.

 

 

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