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Crise politique malienne : sommet extraordinaire de la CEDEAO après l’échec de la médiation

La communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a annoncé jeudi soir la tenue lundi d’un sommet extraordinaire par vidéoconférence consacré à la crise politique malienne après l’échec de la médiation des 5 chefs d’état.

Dans une déclaration faite à la presse après l’échec de la médiation, le président nigérien, président en exercice de l’organisation Mouhamedou Issoufou, a dit qu’un rapport sera fait à tous les chefs d’état de l’organisation lors d’un sommet extraordinaire qui se tiendra lundi prochain.

Au cours de ce sommet, a encore dit le président nigérien, des mesures fortes destinées à appuyer le Mali seront prises, sans donner davantage de précisons sur la nature de ces mesures ni les propositions qui seront faites par ce sommet pour régler la crise.

Cette déclaration a été faite par le président Issoufou, au terme d’une tentative de médiation menée aux côtés de quatre de ses pairs du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Nigéria et du Ghana.

Cette médiation, qui tentait de mettre fin à une crise politique et sociale au Mali qui s’est davantage corsée depuis quelques mois, a finalement échoué.

Les manifestations de l’opposition malienne ont commencé en juin dernier pour dénoncer la détérioration de la situation sécuritaire et économique dans le pays.

Les manifestants finiront par réclamer purement et simplement la démission du président de la république et l’entame d’une période de transition destinée à refonder l’état pour qu’il puisse faire face à l’insécurité et amorcer son développement.

Seulement le président malien, à mi-mandat, son deuxième et dernier, refuse de céder le pouvoir face à la rue.

De violents heurts ont opposé les partisans de l’opposition aux forces de l’ordre, faisant 23 morts selon l’opposition.

Le mouvement de contestation s’est ensuite amplifié mettant au premier plan son aile radicale qui regroupe des chefs religieux, des hommes politiques et des représentants de la société civile.

La CEDEAO a par la suite dépêché une mission de bons offices présidée par l’ancien président nigérian Godeluck Jonathan et qui avait formulé la semaine dernière des propositions de sortie de crise qui maintiendrait Ibrahim Boubacar Keita au pouvoir et qui consent des avantages à l’opposition, des propositions acceptées par la majorité présidentielle mais rejetées par l’opposition.

Celle-ci a par ailleurs rejeté les propositions faites par les 5 chefs d’état arrivés mercredi à Bamako et l’Imam Mahmoud Dicko, le principal leader de la contestation, avait déclaré, après avoir rencontré les chefs d’état, que ceux-ci n’ajoutaient rien à ce qui a précédé.

Au sortir de la réunion avec les chefs d’état, l’Imam Dicko a annoncé l’échec de la médiation, ajoutant avec force qu’il préférait mourir en martyr que de trahir car les jeunes qui ont perdu leurs vies ne l’ont pas fait pour rien.

 Lors de leur réunion avec les chefs d’état, les leaders de l’opposition ont renouvelé leurs principales revendications, la démission du chef de l’état, la création d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur la mort des manifestants et la formation d’un gouvernement de transition pour gérer l’après Ibrahim Boubacar Keita.

Des sources ont qualifié la rencontre entre les médiateurs et les leaders de l’opposition de « crispée », ceux-ci accusant les pays de la CEDEAO de vouloir imposer des solutions aux maliens et certains parmi eux ont même demandé aux chefs d’état de « lâcher IBK et de ranger du côté du peuple. »

La même source ajoute que le président sénégalais, Macky Sall, lors de la rencontre avec l’opposition a dit qu’il n’y avait aucune intention d’imposer quoi que ce soit aux maliens, mais qu’il s’agissait tout simplement de bons offices destinés à rapprocher les points de vue et à éviter au pays l’escalade.

L’union africaine et l’union européenne ont toutes les deux apporté leur soutien aux efforts déployés par la CEDEAO.

Les maliens attendent le sommet de l’organisation régionale lundi pour voir si le président Keita va y prendre part et quelles seront les décisions fortes qu’il prendra, alors que de larges critiques sont portées à l’endroit de l’approche de la CEDEAO par rapport à la crise malienne.

Trois pays voisins du Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont particulièrement décidés à trouver une solution à cette crise, qui constitue un réel danger pour leur sécurité et leur stabilité, mais demeurent impuissants face à la détermination de l’opposition à exiger la démission du chef de l’état.

Cette crise politique et sociale met davantage d’huile sur le feu des crises que vit le Mali depuis plusieurs années, notamment la crise sécuritaire dans le nord et le centre du pays, l’absence de l’état dans de vastes régions et son échec à mettre fin aux violences inter-ethniques dans le centre du Mali.

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