Maghreb Arabe

Elections générales au Maroc : Les islamistes laminés

Le dépouillement des résultats définitifs des élections générales (législatives, régionales et municipales) au Maroc a confirmé la chute libre des islamistes. Si cette dernière était prévisible, c’est l’ampleur de débandade dans les rangs du PJD, avec le maigre résultat de 18 sièges à la chambre des représentants, qui marque un nouveau tournant politique.

Les élections générales issues des scrutins du 8 septembre 2021 au Maroc pour lesquelles 17 509 316 électeurs étaient inscrits ont enregistré, malgré la crise de la covid19 et de son impact, un taux de participation de 50.35%. Une forte mobilisation de l’électorat jamais vue depuis les élections de 2011 (45.40%). Une tendance sans doute liée à la prise de conscience de l’électeur marocain de la garantie de la jouissance de ses droits dont notamment celui de choisir ses représentants. L’engouement de l’électeur est aussi lié à transparence érigée dans le jeu politique ouvert entre les différentes formations politiques présentes dans le royaume grâce à maintes réformes initiées par les directives royales de SM Mohammed VI.

Les islamistes face à l’usure du temps

Aux commandes du gouvernement depuis plusieurs années, les islamistes du PJD, essuient un profond revers sans doute du fait des luttes intestines et de la perte de confiance des électeurs. C’est sans doute le premier enseignement qu’imposent les nouveaux résultats où le PJD, qui après de fastes années, a perdu entre 2021 et 2016, 112 sièges d’un coup. Beaucoup d’analystes estiment, en effet, que le parti islamiste traversé par de nombreuses dissensions, ces derniers temps, s’est montré incapable de mea-culpa. Outre les déceptions de ses adhérents, les protagonistes politiques du PJD, eux-mêmes, campant chacun dans son coin, auraient ainsi faut le lit à la déroute de leur propre parti alors qu’en face les adversaires politiques comme le RNI ou encore le PAM se remettaient en cause, s’organisaient et parvenaient à rassembler leurs forces pour lui ravir l’intérêt des électeurs de plus en plus exigeants. La présence de ses ministres et leur apport au sein du gouvernement a certainement joué en faveur du crédit donné au RNI qui avec 102 sièges à Chambre des représentants, suivi par le PAM avec 87 sièges, fait aujourd’hui figure de la plus grande force politique.

Mais la victoire du RNI est aussi perçue comme une aspiration de l’électeur marocain pour un « nouveau modèle de développement dont seul le renouveau et l’alternance politique seraient le gage. C’est en tout cas ainsi qu’il l’a exprimé à travers les urnes.

JD (avec médias)

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