Le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique, Ismaël Ould Cheikh Ahmed, a affirmé que le défi auquel sont confrontés les efforts de paix dans le monde ne tient pas à un manque d’initiatives diplomatiques, mais à l’absence de la volonté politique nécessaire pour les mettre en œuvre appelant à renforcer la médiation internationale afin de garantir des résultats concrets au profit des populations touchées par les conflits.
Lors d’une intervention jeudi à la Conférence d’Istanbul sur la médiation, Ould Cheikh Ahmed a déclaré que les populations touchées par les conflits ont besoin d’une médiation sérieuse et de résultats concrets, plutôt que de simples communiqués, soulignant l’importance de privilégier le dialogue plutôt que l’escalade militaire et de mobiliser le soutien politique nécessaire à la réussite des efforts diplomatiques.

Une médiation globale
Lors de cette conférence organisée sous le patronage du président turc Recep Tayyip Erdoğan, sous le slogan « La médiation dans un monde en mutation : redonner toute sa place à la diplomatie », le secrétaire général a ajouté que l’efficacité de la médiation exigeait l’adoption d’une vision globale allant au-delà de la gestion des crises pour s’attaquer aux causes profondes des conflits, ouvrant ainsi la voie à l’instauration d’une paix juste et durable.
Il a souligné l’importance de tirer parti des expériences acquises sur le terrain pour développer les mécanismes de médiation et renforcer leur capacité à traiter les conflits sous toutes leurs facettes, dans le contexte des mutations accélérées que connaît le monde et des nouveaux défis qu’elles posent aux efforts de règlement des différends.

Recours à la technologie
Ould Cheikh Ahmed a insisté sur la nécessité de s’adapter aux mutations technologiques et environnementales, et de tirer parti des outils modernes pour soutenir les efforts de médiation, notamment en recourant à l’intelligence artificielle pour renforcer les systèmes d’alerte précoce et contrôler le respect des trêves.
Cette approche s’inscrit dans le cadre des appels lancés en faveur du développement des outils de l’action diplomatique et du renforcement de la capacité des institutions chargées du règlement des conflits à surveiller les risques et à y répondre, ce qui contribue à endiguer les crises et à limiter leur aggravation.

Le rôle de l’Organisation
Le Secrétaire général de l’OCI a réaffirmé l’engagement de l’Organisation à jouer un rôle plus actif dans les processus de médiation et de règlement des conflits sur la scène internationale, soulignant l’importance de développer et de dynamiser l’Unité de la sécurité et de la paix au sein du Secrétariat général, et de renforcer sa capacité opérationnelle.

Il a précisé que le renforcement des capacités de cette unité contribuerait à rendre la réponse de l’Organisation plus dynamique et plus efficace face aux questions urgentes et aux défis régionaux et internationaux, ce qui soutiendrait les efforts de règlement pacifique des conflits.
Il a également exprimé sa gratitude envers la Turquie pour avoir accueilli la conférence à Istanbul, ville chargée d’une symbolique historique, dans le cadre des discussions visant à redonner toute sa place à la diplomatie et à renforcer le rôle de la médiation dans un monde en perpétuelle mutation.






