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Maroc : le premier ministre désigné se décharge de la gestion du Holding familial

Le secrétaire général du parti « rassemblement national des indépendants », Aziz Akhnouch, désigné par le roi Mohamed VI pour diriger le gouvernement, a annoncé lundi qu’il avait décidé de se retirer de tous les postes de gestion du holding familial.

Akhnouch est l’un des plus importants hommes d’affaires marocains, issu d’une famille riche qui investit dans plusieurs projets à l’intérieur du Maroc.

Dans un communiqué de presse qu’il a publié, le nouveau premier ministre marocain a déclaré qu’il avait entamé immédiatement un processus de retrait de tous les postes de gestion au sein du holding familial, ajoutant qu’il avait immédiatement suspendu ses activités professionnelles et commerciales, notamment la participation à l’appareil de gestion, de conception et de direction des affaires du holding familial.

Akhnouch a ajouté qu’il avait décidé ce retrait quand bien même aucune contrainte juridique ne le lui imposait, « mais a choisi de se consacrer entièrement aux nouvelles fonctions dont il a été chargé par sa majesté le roi. »

Aziz Akhnouch, 60 ans, titulaire d’un diplôme de gestion des affaires de l’université de Sherbrooke est à l’origine de la création de grandes entreprises marocaines, dans les domaines de l’énergie, l’immobilier et le commerce.

Dès le début de son parcours, Akhnouch s’est intéressé aux affaires publiques pour avoir été membre du groupe de réflexion auprès du défunt roi Hassan II jusqu’à 1999.

Il a occupé ensuite le poste de président du conseil régional (Souss Massa Daraa) de 2003 à 2007, avant d’être nommé ministre de l’agriculture, un poste qu’il a conservé jusqu’à sa nomination vendredi au poste de premier ministre.

Le parti du rassemblement national des indépendants que dirige Akhnouch a réalisé une éclatante victoire aux dernières élections marocaine, mettant fin à la domination du parti « justice et développement » qui a dirigé le gouvernement pendant une décennie.

Le nouveau premier ministre marocain a entamé hier lundi des concertations avec les partis politiques pour la formation du gouvernement, en rencontrant Abdellatif Wehbi, secrétaire général du parti « authenticité et modernité », arrivé en deuxième position dans les élections et qui faisait partie de l’opposition ces dernières années.

Dans une déclaration faite à l’issue de cette rencontre, Wehbi a dit qu’il avait échangé avec le premier ministre désigné, certaines idées à propos de l’éventualité de former une coalition gouvernementale, évoquant « des indicateurs très positifs », ajoutant que l’objectif visé est de parvenir à une vision commune pour l’avenir.

Le parti « authenticité et modernisme » avait déclaré auparavant qu’il était « disposé à servir l’intérêt public d’où il se trouve et qu’il n’y avait pas de ligne rouge ».

Le premier ministre désigné a également rencontré Nizar Baraka, secrétaire général du parti de l’Istiqlal, arrivé en troisième position lors des élections, issu également des rangs de l’opposition.

A l’issue de cette rencontre, Baraka a dit que les propositions faites par Akhnouch seront examinées au niveau des instances de décisions du parti, notamment son conseil national.

Le secrétaire général du parti de l’Istiqlal a dit que « cette rencontre a été l‘occasion de discussions basées sur un esprit patriotique et une volonté de faire de cette étape une étape pour répondre aux aspirations des citoyens et citoyennes de ce pays et à leur redonner confiance ».

Baraka, dans une déclaration à la presse après sa rencontre avec le premier ministre désigné, a encore dit que les concertations vont se poursuivre avec Akhnouch à propos du programme gouvernemental afin d’y inclure un certain nombre d’engagements, notamment ceux inclus dans les différents programmes des partis qui feront leur entrée au gouvernement.

Autre personnalité ayant rencontré à Rabat le premier ministre désigné, le premier secrétaire du parti union socialiste des forces populaires, Idriss Lechgar.

Akhnouch avait déclaré auparavant que la majorité qu’il œuvre à mettre en place sera « harmonieuse et cohérente avec des programmes convergeant » sans poser cependant de ligne rouge pour la formation d’une majorité.

Vendredi dernier, à sa désignation au poste de premier ministre, Akhnouch a déclaré qu’il allait « ouvrir des concertations avec les partis politiques avec lesquels on pourrait s’entendre dans l’avenir pour constituer une majorité cohérente et solidaire avec des programmes convergent ».

Le futur gouvernement marocain fera face à de grands défis économiques et sociaux, en plus des situations régionale et internationale instables.

 

 

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