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Quel secret pour la société TENDEL ?

La délégation générale pour la solidarité et la lutte contre l’exclusion (TAAZOUR) a annoncé, depuis quelques jours, un accord avec la société des travaux TENDEL, cette même société avec laquelle le ministère de l’équipement et des transports avait rompu le contrat après le retard dans l’exécution des travaux des annexes du pont de Rosso.

Une décision qui a été à l’origine d’une grande controverse face à deux incohérences venues de deux organismes officiels, le ministère de l’équipement et des transports et TAAZOUR.

Cette contradiction a fait douter les mauritaniens à propos des marchés publics que beaucoup estiment être une porte ouverte à la corruption, qui fait perdre annuellement à l’état d’importantes ressources financières, en l’absence de règles juridiques et de critères techniques.

L’affaire la plus récente est celle de la construction du port de Rosso, qui a été, pendant longtemps le rêve des mauritaniens et des sénégalais, et auquel les bailleurs internationaux attachent une grande importance, car constituant un important pan d’un axe routier, reliant la ville marocaine de Tanger à celle de Lagos au Nigéria.

Les travaux du pont de Rosso ont débuté fin 2021 pour un coût global de 87 millions d’euros, sur financement de la banque africaine de développement, l’union européenne et le fonds européen de développement, étant entendu que les travaux devaient s’achever dans 30 mois et définitivement réceptionné au milieu de l’année 2024.

Ce projet prévoit la construction d’annexes à ce pont de Rosso, dans le cadre de l’amélioration des infrastructures de base au niveau de la ville, grâce à la construction d’écoles, de deux marchés, trois centres de santé, un marché octroyé à la société TENDEL à la mi 2020 pour une enveloppe totale de 786.000 dollars.

Les travaux ont commencé en 2021 et selon une source du ministère de l’équipement et des transports contactée par Sahara Medias, la société a reçu dès le lancement des travaux 20% du montant total de l’enveloppe, contre une garantie de 5% du montant.

Mais après 9 mois, sot 90% de la durée fixée pour la fin des travaux, la société n’avait réalisé que 5% des travaux, ce qui avait amené le ministère à dénoncer le contrat.

La même source a ajouté que l’accord a été rompu à l’amiable entre les deux parties après que la société ait été incapable de réaliser les travaux dont elle était chargée, c’est-à-dire les annexes du pont de Rosso.

Des sources du ministère ont révélé que la société a dit que se travaux ont été pénalisés par l’unité responsable du pont de Rosso et ses annexes, pour avoir transféré plusieurs fois le site prévu pour la construction, en plus d’une offre réduite qui ne couvre pas les coûts des travaux.

Elles ajoutent par ailleurs que la rupture du contrat a pris du temps de la part du principal bailleur, une partie extérieure qui doit être tenue informée et sa décision attendue, elle qui a ses propres approches et ses propres mesures.

Une source de l’autorité de régulation des marchés, nous a précisé qu’en pareille cas, il existe des mesures de routine qui prévoit que la partie ayant décidé de rompre le contrat d’en informer l’autorité qui n’a reçu, à ce jour, aucun rapport ni avis.

Il semble que la décision d’annuler le marché à l’amiable l’a été afin de garder vierge le dossier de la société, sans irrégularités, pour qu’elle puisse, dans l’avenir, obtenir de nouveaux marchés de l’état.

C’est ainsi qu’elle a pu obtenir le marché de la délégation (TAAZOUR).

Des sources de l’autorité de régulation des marchés publics, a déclaré à Sahara Medias que le dossier de la société est encore propre et n’a fait l’objet d’aucune observation, avant d’ajouter que le marché conclu avec TAAZOUR est antérieur à la rupture de contrat avec le ministère.

Sahara Medias a tenté de joindre TAAZOUR à propos de la controverse autour de ce marché octroyé à TENDEL mais elle n’a obtenu aucune réponse de sa part.

La coïncidence est que le marché octroyé à la société par TAAZOUR prévoit la construction de 50 logements sociaux à Rosso, la ville où elle n’a pas été à même de réaliser le marché qu’elle avait obtenu pour la construction d’annexes au pont de la ville.

Le document en vertu duquel ce marché a été octroyé à TENDEL par TAAZOUR et que Sahara Medias a pu consulter, et qui est établi à la date du 22 juillet 2022, précise que le coût total du marché est de 439 millions MRO et la durée des travaux 9 mois.

Dans son document, la délégation affirme que la société a réuni l’ensemble des agréments habituels (dossier d’appel d’offres, l’homologation et le contrat).

Un ingénieur expert interrogé par Sahara Medias et qui souhaité garder l’anonymat a dit qu’il craignait que le scénario de la construction du pont de Hay Saken ne se perpétue, car après que le contrat ait été dénoncé avec la société chinoise, il s’est avéré que la garantie présentée était falsifiée.

La même source a engagé la responsabilité du ministère à propos du contrat dénoncé dans le retard des travaux, ajoutant que le nom de la société doit figurer sur la liste noire qui est du ressort de l’autorité de régulation des marchés publics qui n’a aucune relation avec le ministère.

Sahara Media a effectué des recherches à propos de cette société sujet à controverse, n’a pas pu la localiser, ni sur un site officiel sur internet, quand bien même des sources de la commission des marchés l’ont défini comme société bien connue et qui postule, depuis quelques années, à des marchés publics.

Selon certaines sources la société appartiendrait à un homme d’affaires qui lui a donné le nom de son village natal, dans la wilaya du Brakna, dans le sud du pays, mais elle est inconnue sur l’internet.

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