Initiative tripartite à Londres pour l’instauration de la paix au Nigéria

Le « Sommet pour la paix au Nigeria », organisé par le Forum d’Abu Dhabi pour la paix en partenariat avec les États-Unis et le Royaume-Uni, s’est tenu dimanche à Londres, au siège de la Chambre des lords, en présence de personnalités religieuses et politiques nigérianes ainsi que de partenaires internationaux.
Le sommet, qui a débuté le 27 avril, s’est déroulé sur trois jours et vise à explorer les moyens de renforcer la paix civile au Nigeria, dans le contexte des défis sécuritaires et sociaux complexes auxquels le pays est confronté.
La séance d’ouverture a été présidée par le président du Forum d’Abu Dhabi pour la paix, le cheikh Abdallahi bin Boyé, en présence de responsables américains et britanniques, ainsi que de dirigeants religieux islamiques et chrétiens et de personnalités gouvernementales et universitaires.
Un nouveau modèle de paix
Dans son discours d’ouverture, Cheikh Abdallahi bin Boyé a déclaré que l’évolution rapide des conflits internationaux impose « la nécessité d’un modèle intégré alliant légitimité éthique et efficacité politique », permettant ainsi de passer de la gestion des crises à la construction de voies durables vers la stabilité.
Il a précisé que le Forum travaille avec ses partenaires au lancement d’un cadre tripartite réunissant les États-Unis, la Grande-Bretagne et les Émirats, intitulé « Initiative tripartite pour des dialogues préventifs en faveur d’une paix durable », dans le but de développer des approches pratiques pour renforcer la paix, fondées sur le partenariat plutôt que sur la tutelle traditionnelle.
Il a ajouté que cette orientation vise à « concevoir la paix » à travers des initiatives applicables, fondées sur la complémentarité des rôles entre les acteurs internationaux et locaux, tout en respectant la souveraineté des États et en reliant les efforts diplomatiques aux références éthiques.
Une crise aux multiples facettes
Ben Boyé a présenté une analyse de la situation au Nigeria, soulignant que la crise résulte de l’interaction de plusieurs facteurs, parmi lesquels « la concurrence pour les ressources, les répercussions du changement climatique, la propagation du crime organisé et de l’extrémisme, ainsi que la pauvreté, le chômage et la faiblesse des services de base ».
Il a souligné que la résolution de ces défis exigeait une approche globale « qui s’attaque aux causes profondes et ne se contente pas des symptômes », appelant à dissocier « le facteur religieux de l’instrumentalisation idéologique, et à en faire un élément favorable à la paix plutôt qu’une partie prenante du conflit ».
Les cinq axes de la paix
Le président du Forum d’Abu Dhabi pour la paix a présenté une feuille de route pour la stabilisation du Nigeria, reposant sur cinq axes principaux : la modération du discours public, l’instauration d’un climat de confiance entre les composantes de la société, le soutien aux initiatives locales, une approche sécuritaire fondée sur l’équilibre entre sécurité et justice, ainsi que la coordination des efforts nationaux et internationaux.
Il a souligné que la réalisation de la paix civile reste tributaire du rôle de l’État et de ses institutions, en tant que cadre fédérateur de la diversité et garant de la stabilité.
Soutien international à l’initiative
De son côté, un responsable américain a salué le rôle joué par le Forum d’Abu Dhabi pour la paix dans la promotion du dialogue entre les communautés religieuses en Afrique, estimant que ce partenariat constituait un modèle alliant dimension religieuse et action diplomatique.
De son côté, une responsable britannique a souligné que la stabilité du Nigeria constituait un pilier essentiel de la sécurité en Afrique de l’Ouest, indiquant que l’approche alliant autorité religieuse et action internationale « comble une lacune dans les efforts de consolidation de la paix ».
Le sommet a donné lieu à des interventions de plusieurs dirigeants religieux, qui ont mis l’accent sur l’importance de la justice sociale et de la bonne gouvernance pour instaurer la paix, ainsi que sur le rôle du discours religieux dans la lutte contre l’extrémisme et la promotion de la coexistence.
Le sommet de Londres s’inscrit dans un processus international qui a débuté par une rencontre à Washington en février dernier et qui devrait se poursuivre lors de prochaines étapes à Abu Dhabi, Rabat et Abuja, dans le but de définir une vision commune pour soutenir la paix au Nigeria.
Les initiateurs de cette initiative misent sur la mise en place de partenariats réunissant les acteurs internationaux et locaux, et renforçant le rôle des dirigeants religieux et communautaires dans la résolution des conflits, dans le cadre d’une approche visant à instaurer une stabilité durable sur le continent africain.





