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Le Canada soutient l’initiative d’autonomie au Sahara et les entreprises occidentales y intensifient leurs investissements

Le Canada a annoncé qu’il reconnaissait le plan d’autonomie proposé par le Maroc, le considérant comme la base d’une solution « acceptable pour les parties » au conflit territorial concernant le Sahara marocain.

Cette position a été exprimée dans un communiqué publié mardi par le ministère canadien des Affaires étrangères, à la suite d’un entretien téléphonique entre la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, et le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

Le communiqué indique que le Canada, conscient de l’importance du dossier du Sahara pour le Maroc, a pris note de la résolution n° 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025, et en a tiré les implications politiques qui en découlent.

Le ministère canadien des Affaires étrangères a souligné « la nécessité de parvenir à un règlement politique durable, juste et acceptable pour toutes les parties, conformément aux principes de la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », qualifiant la proposition d’autonomie présentée par le Maroc d’« initiative sérieuse et crédible visant à trouver une solution juste et durable au conflit ».

Le communiqué ajoute que ce revirement de la position canadienne intervient à la veille d’une visite officielle prévue de la ministre canadienne des Affaires étrangères au Maroc dans les semaines à venir, qui devrait constituer l’occasion d’approfondir le dialogue bilatéral et d’intensifier les consultations sur la question du Sahara marocain.

La position canadienne intervient quelques jours après l’annonce par la Suisse qu’elle considère l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc comme « la base la plus sérieuse, la plus crédible et la plus pragmatique » pour régler le conflit régional autour du Sahara marocain.

En juillet 2025, le président américain Donald Trump avait réitéré son soutien à la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, estimant que la proposition d’autonomie était « la seule solution » au conflit.

En juin 2025, le Royaume-Uni est devenu le troisième membre permanent du Conseil de sécurité à soutenir l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine comme solution au conflit.

En octobre 2024, lors d’une visite d’État au Maroc, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de son pays à la « souveraineté » du Royaume sur la région, tandis que des entreprises françaises ont signé, au cours de cette visite, une quarantaine d’accords et de protocoles d’accord pour des projets d’investissement, dont certains dans le Sahara marocain.

Plusieurs pays occidentaux ont annoncé leur volonté d’investir dans le Sahara marocain, dans le cadre d’une tendance croissante à soutenir les projets de développement encouragés par le Maroc à travers le développement des infrastructures et le renforcement de l’attractivité des régions du sud pour les investisseurs étrangers.

Dans ce contexte, Christopher Landau, sous-secrétaire d’État américain, a déclaré que Washington soutenait les investissements dans le Sahara, où le Maroc s’emploie à créer et à développer de vastes projets d’infrastructure visant à attirer les investissements internationaux.

Sur la plateforme « X », à la suite de discussions avec le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, Landau a écrit : « Nous soutiendrons les entreprises américaines qui souhaitent investir et faire des affaires dans tout le Maroc, y compris dans le Sahara marocain. »

Le Maroc est lié aux États-Unis par un accord de libre-échange, tandis que l’administration américaine impose des droits de douane d’un taux minimum de 10 %.

Au cours des dernières années, le Maroc a intensifié ses investissements dans ses provinces du sud, notamment dans des projets routiers, d’énergie renouvelable et d’exploitation minière du phosphate, ainsi que dans un projet de port stratégique d’un coût avoisinant le milliard de dollars.

L’Agence française de développement a également annoncé son intention d’investir 150 millions d’euros dans les régions du sud.

L’agence de presse officielle marocaine a rapporté les propos tenus par le directeur de l’Agence, Rémi Rio, lors d’une visite dans la région le 13 mai 2025 : « Le groupe de l’Agence française de développement va commencer à investir dans les provinces du sud et allouera des fonds à cette fin ».

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