La Mauritanie a lancé ce mardi un forum national visant à renforcer les efforts de collecte, de conservation, de numérisation et de protection des manuscrits contre la détérioration et la perte, dans le but de préserver une partie de la mémoire scientifique et culturelle du pays.
Organisé à Nouakchott sous le slogan « Pour un partenariat national en faveur de la sauvegarde et de la conservation de notre patrimoine manuscrit », ce forum examine les moyens de renforcer la collaboration entre les institutions gouvernementales, les universitaires, les chercheurs et les propriétaires de bibliothèques et de fonds privés afin de protéger ce patrimoine.
Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Houssein Ould Medou, a déclaré que la protection des manuscrits est une « responsabilité nationale » qui exige la mobilisation conjointe des différentes parties prenantes, soulignant que le manuscrit mauritanien constitue un pilier fondamental de la mémoire scientifique et culturelle du pays.
Il a ajouté que la Mauritanie, connu sous le nom de bilad Al Menara We Ribat (le minaret et le Ribat) a accumulé au fil des siècles une production scientifique et intellectuelle à laquelle ses savants ont contribué par leurs écrits, leur enseignement et leurs publications, tandis que les villes de Chinguetti, Ouadane, Oualata et Tichitt conservent des bibliothèques et des fonds renfermant de précieux manuscrits qui témoignent d’une partie de cet héritage.
Ould Medou a déclaré que la préservation et la mise en valeur du patrimoine national s’inscrivent dans la vision du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani visant à prendre soin de l’identité nationale et à mettre en avant les atouts culturels accumulés par le pays au fil de son histoire.
Il a indiqué que, dans ce cadre, le gouvernement a adopté un certain nombre de politiques, de programmes et de projets visant à renforcer le rôle de la culture et du patrimoine, ainsi qu’à préserver et valoriser le patrimoine national.
Il a ajouté que la diplomatie culturelle constituait l’un des moyens de récupérer des éléments du patrimoine mauritanien, soulignant que Nouakchott était prête à accueillir les manifestations de la Capitale de la culture arabe l’année prochaine, ce qui, selon lui, contribuera à renforcer le rayonnement scientifique et culturel du pays.
Mohamed Mahmoud Jalal Tolba, directeur de l’Institut mauritanien de recherche et de formation dans le domaine du patrimoine et de la culture, a déclaré que les manuscrits constituent « la mémoire d’une nation, le dépositaire de son savoir et le témoignage de son expérience civilisationnelle », et que leur préservation est indissociable de la sauvegarde de l’identité nationale et de la souveraineté culturelle.
Jamal Mohamed Mahmoud, représentant des bibliothèques privées, a quant à lui souligné que les bibliothèques mauritaniennes ont constitué, au fil des générations, la mémoire des familles, des savants et des madrasas, et que les générations précédentes ont réussi, malgré des moyens limités, à préserver et à transmettre ces manuscrits.
Il a appelé à développer les moyens de conservation et de numérisation des manuscrits afin d’en garantir la pérennité et de les rendre accessibles aux générations futures.




