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Les élections locales sénégalaises : l’opposition a-t-elle gagné ou la majorité a-t-elle failli ?

Les résultats des élections locales sénégalaises qui commencent à sortir des urnes font apparaître la victoire de l’opposition dans certaines communes importantes.

Malgré l’euphorie de l’opposition pour les résultats de ces élections locales, il n’en demeure pas moins que les observateurs n’y voient pas un renversement de situation en faveur de celle-ci, mais traduisent plutôt une crise de candidatures au sein de majorité.

Ousmane Sanoko qui dirige la liste de l’alliance de la « libération du peuple » (opposition) vainqueur des élections à Dakar, Ziguinchor et Thiès avait estimé, lors de sa campagne, que ce vote constituait un referendum sur la popularité du président Macky Sall.

Un point de vue que ne partage pas l’éditorialiste du journal « le quotidien » qui a estimé lundi que la victoire du camp de l’opposition dans certaines grandes villes ne signifie pas forcément le gain de la confiance des électeurs sénégalais.

Pour l’éditorialiste il s’agit d’un piège que l’opposition se doit d’éviter, réaffirmant que les candidats de l’opposition ont bénéficié de la multiplicité des listes proches de la majorité et donc l’effritement des voix de leurs électeurs.

Cet éditorialiste, dans son analyse de la situation, estime que d’autres candidats n’appartenant pas à la coalition présidentielle mais des soutiens du président Macky Sall ont profité d’une erreur au sein de l’alliance de la majorité et ont donc pu « voler la vedette » bien que les estimations les plus optimistes ne les donnaient pas vainqueurs.

Le journaliste sénégalais a encore écrit que les défenseurs de la multiplicité des candidatures au sein de la majorité présidentielle croyaient que cela allait amener l’opposition à disperser ses efforts, une approche qui s’est avérée préjudiciable pour la majorité qui a donc rendu un grand service à l’opposition.

Le pari des présidentielles

L’opposition sénégalaise considère que ces élections locales sont un referendum pour la popularité du président Macky Sall ce qui l’a amené à tenir aux électeurs un discours selon lequel la victoire de la majorité présidentielle signifiait la candidature de Macky Sall à une troisième Mandat présidentielle. en 2024.

A plusieurs reprises, lors de sa campagne, Ousmane Sanoko lui-même dit que ces élections municipales et locales constituent un referendum sur la popularité du président Sall.

Le journaliste Madimbé Dine a écrit que le discours de l’opposition lors de la campagne électorale est une preuve de son incapacité à présenter un véritable projet politique autre que le pari de faire chuter le régime de Macky Sall.

Il ajoute que l’opposition aurait fait une grave erreur si elle croit que ces élections constituent un referendum sur la popularité du président Sall, « il n’y a pas de commune meures entre les élections locales et les élections présidentielles ».

Le journaliste réaffirme que les premiers résultats dans leur ensemble prouvent que la majorité, même si elle a perdu des mairies importantes, n’en a pas moins conservé la majorité des mairies du pays et fait un tabac dans le monde rural.

Selon le journaliste sénégalais l’opposition a échoué dans les zones rurales à cause de son incapacité à présenter un projet politique et social aux électeurs et incapable aussi à faire face « aux importantes réalisations du gouvernement dans le monde rural, les ponts, les routes, les infrastructures et les structures de santé.

Le retour des technocrates

Ces élections n’ont pas encore livré tous leurs secrets mais la victoire de l’homme d’affaires à la pairie de Kaolack confirme que certains sénégalais ont une autre vision des hommes politiques et les candidats de ses coalitions et qu’une nouvelle équation se dessine au Sénégal.

Mansour Faye, homme d’affaires qui préside la chambre de commerce de Kaolack, après que la majorité présidentielle ait refusé de le présenter, a tenu à briguer la mairie de cette ville en dehors de la coalition de la majorité, malgré son soutien au président Macky Sall.

Profitant des erreurs des autres, le candidat a réussi à battre la coalition de la majorité.

La victoire de cet homme d’affaires remet au premier plan au Sénégal la classe des politiciens technocrates, ce qui signifie pour le journaliste la nécessité pour les coalitions et les partis politiques d’insuffler du sang neuf.

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