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Maroc : recomposition du paysage politique et différents scénarios pour la formation du gouvernement

Les élections législatives organisées mercredi au Maroc ont tracé une nouvelle carte politique du pays à l’origine de plusieurs surprises dont le plus importante est sans doute le recul du parti « justice et développement » arrivé loin derrière, ce qui a tout l’air d’être un vote sanction pour ce parti qui a dirigé le Maroc au cours de la dernière décennie.

Cette formation politique, d’obédience islamiste, est arrivée en huitième position en termes de représentation au parlement, selon les premiers résultats, obtenant seulement 12 sièges sur les 395 que compte la chambre, perdant ainsi 113 sièges obtenus lors de la dernière législature.

Les prévisions des observateurs se sont confirmées avec l’arrivée en tête des élections de trois partis politiques « le rassemblement national des indépendants », qui a doublé le nombre de ses députés par rapport aux dernières élections, celles de 2016, avec 97 sièges au lieu de 37.

Ce parti émergeant s’est appuyé, lors des élections, sur les jeunes, visant ainsi une nouvelle frange jusqu’ici ignorée par la quasi-totalité de ses concurrents, en utilisant les réseaux sociaux afin d’atteindre les nouveaux électeurs en quête de changement.

Ce parti est dirigé par son secrétaire général Aziz Aghnouch, ministre de l’agriculture depuis 2007, l’un des ministères les plus importants au Maroc, un pays qui compte essentiellement sur l’agriculture pour la relance économique et la lutte contre le chômage.

La constitution marocaine prévoit que le chef du gouvernement soit du parti arrivé en tête des élections législatives, qui propose au roi des noms, parmi lesquels le souverain choisira la personne devant former le gouvernement.

Seulement la tradition fait que le secrétaire général de la formation arrivée en tête soit chargé de diriger le gouvernement, ce qui voudrait dire que Aghnouch va diriger le gouvernement marocain pour les 5 prochaines années.

Seulement, une fois désigné, Aghnouch doit entamer des concertations pour la formation d’une coalition avec d’autres partis pour constituer son gouvernement.

Mais la nouvelle carte politique dans le pays fait que le scénario, pour la formation du prochain gouvernement, reste ouvert sur toutes les éventualités, selon l’expression d’un journaliste marocain.

Les observateurs estiment cependant que la coalition sera formée par les partis arrivés en tête, notamment le parti « authenticité et modernité », arrivé en deuxième position avec 82 sièges, avec 15 députés de mois que le parti arrivé en tête, et 20 sièges de moins que son propre score en 2016, ce qui ne l’empêche pas de prétendre à une importante position au sein du gouvernement.

La coalition pourrait également compter le parti Al Istiqlal qui a obtenu un score important, 78 sièges, 32 de plus que lors de la législature de 2016.

Ces trois partis réunis peuvent, à eux seuls, former le prochain gouvernement s’assurant ainsi la majorité absolue avec 257 sièges sur les 395 que compte la chambre, à moins que cette formation politique ne décide de rester dans l’opposition.

Les prévisions n’excluent pas que d’autres partis puissent faire partie de la coalition comme par exemple le parti « l’union socialiste des forces populaires » qui a réussi à doubler ses sièges, 35 au lieu de 18 en 2016.

Quant au parti « justice et développement », après sa lourde défaite, se trouvera hors de la coalition gouvernementale et sera, par la force des choses, dans les rangs de l’opposition, après avoir dirigé le gouvernement pendant une décennie.

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