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Nécrologie : disparition de l’un des fondateurs de la Mauritanie

Décès ce jeudi de l’un des plus importants architectes de la république islamique de Mauritanie, un grand administrateur et un homme politique chevronné, Ahmed O. Bé O. Emine.

Le défunt qui faisait partie des premières promotions ayant fréquenté les écoles françaises, a poursuivi son enseignement secondaire et universitaire sanctionné par un diplôme de l’école supérieure d’administration de Paris, devenant ainsi l’un des premiers cadres supérieurs du pays.

Dès l’indépendance du pays, le défunt fut nommé directeur général de l’intérieur, le portefeuille de ministre étant conservé par le président Mokhtar O. Daddah.

Il sera en réalité le ministre de l’intérieur, puisque responsable de la gestion administrative de l’état naissant, une mission qu’il a rempli avec compétence et professionnalisme.

Ahmed O. Bé avait occupé les responsabilités administratives de bon nombre de régions du pays, à l’est, au nord et au centre, laissant partout où il est passé d’excellents souvenirs, de fortes amitiés qu’il a su préserver jusqu’à son dernier jour.

Il s’est fait distinguer par son dévouement au service des populations, sa justice, sa sagesse et sa grande modestie en plus de ses rares compétences.

Il a été ensuite inspecteur général de l’état, premier directeur de la société mauritanienne de transport aérien, avant d’être nommé président de la cour suprême, dernier fonction officielle qu’il a occupé dans l’administration de son pays.

Ses hautes charges et son amitié avec le président Mokhtar O. Daddah dont il était très proche ne l’ont pas empêché de préserver son indépendance dans des prises de positions révolutionnaires, en toute franchise et avec courage, critiquant toutes les erreurs politiques du régime qu’il s’agisse de nominations ou de décisions.

Il avait soutenu, aux premières des indépendances africaines, la révolution du président Jemal Abel Nasser, la révolution algérienne et l’indépendance de la Guinée et condamné les fraudes électorales, exigé les libertés publiques et le respect du choix des électeurs.

Ces critiques, à quelques rares exceptions, étaient acceptées par le père fondateur de la Mauritanie, Moctar O. Daddah.

Après sa retraite, les années 80, le défunt s’est consacré aux œuvres charitables, s’est mis au service des autres, et réservé la majorité de son temps à la dévotion.

Le défunt a véritablement été un homme d’ici-bas mais aussi un homme qui a œuvré pour l’au-delà.

Que Dieu l’accueille en son saint paradis.

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