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Trente milliards de dollars pour faire face à la faim dans le monde

La banque mondiale a mobilisé 30 milliards de dollars pour faire face à la crise de famine qui menace le monde, notamment les pays pauvres et vulnérables à cause de l’arrêt des exportations du blé russe et ukrainien à cause de la guerre que se livrent les deux pays, alors que d’énormes quantités de blé sont bloquées dans les ports ukrainiens.

Lors d’une réunion aux nations unies mercredi la banque mondiale a révélé que 12 milliards seront orientés vers de nouveaux projets alors que 18 milliards non encore décaissés seront orientés vers des projets alimentaires déjà approuvés.

Selon ce qui a été annoncé la majorité de ces ressources seront orientées vers l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Europe de l’Est, l’Asie centrale et le sud asiatique, les zones les plus affectées par les perturbations subies par le marché des céréales.

Le secrétaire d’état américain Antony Blinken avait appelé à une réunion aux nations unies autour de la sécurité alimentaire dans le monde à laquelle ont assisté des pays africains dont la Mauritanie.

Lors de cette réunion il a été décidé de prendre des mesures urgentes pour faire face au spectre de la faim qui pointe à l’horizon.

Le communiqué final publié à l’issue de cette réunion estime à 193 millions le nombre de personnes en insécurité alimentaire en 2021 au lieu de 135 millions en 2019.

Le communiqué ajoute que 40 millions de personnes dans 36 pays connaissent un niveau exceptionnel d’insécurité alimentaire aigue, à seulement un pas de la famine.

Malgré la multiplicité des causes de ces situations, il n’en demeure pas moins que la guerre que se livrent la Russie et l’Ukraine en est la principale cause, ont estimé les participants à cette réunion.

Ces deux pays détiennent près du tiers des réserves de blé dans le monde et l’Ukraine est un important exportateur de maïs, d’orge, d’huile de tournesol et d’huile de colza, tandis que la Russie et la Biélorussie fournissent plus de 40 % des exportations mondiales d’engrais potassiques.

Le secrétaire général des nations unies Antonio Guterres a déclaré qu’il était en contact permanent avec la Russie, l’Ukraine, la Turquie, les Etats Unis et l’union européenne pour une reprise des exportations ukrainiennes des céréales.

Antonio Guterres a imploré la Russie d’autoriser « l’exportation en toute sécurité des céréales stockées dans les ports ukrainiens », et à ce que les aliments et les engrais russes « atteignent les marchés mondiaux sans restrictions ».

Lors de la réunion le secrétaire d’état américain avait accusé la Russie d’affamer les civils pour parvenir à ses fins, ajoutant que près de 161 millions de personnes sont menacées de famine cette année.

Blinken a ajouté que la banque mondiale estime que la guerre entre la Russie et l’Ukraine ajoutera 40 millions de nouvelles victimes de la faim aux chiffres déjà existants, rappelant que le conseil de sécurité avait approuvé en 2018 une résolution condamnant le recours à l’arme affamant les civils comme arme de guerre.

Le représentant permanent de la Russie aux nations unies, Vassili Alexievitch Nebenzia a rejeté l’accusation portée contre son pays d’affamer les populations civiles, ajoutant que la crise alimentaire n’est pas née cette année, rappelant que le directeur exécutif du programme alimentaire mondial avait évoqué « une importante famine » en 2020.

Il a également rejeté les accusations contre son pays d’empêcher l’exportation des produits agricoles depuis l’Ukraine par voie maritime, ajoutant que ce pays continue de bloquer les bateaux de 17 pays dans ses différents ports.

Pour Vassili Alexievitch Nebenzia « les pays pauvres sont victimes des manœuvres politiques des pays occidentaux » qualifiant de ridicule la tentative de faire supporter le tort à son pays.

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