Le président de la commission chargée du dialogue avec les détenus extrémistes et radicalisés en Mauritanie, Mohamed Mokhtar M’Balla, a déclaré que certains détenus salafistes refusaient de participer au dialogue ou ne souhaitaient pas y poursuivre leur participation, soulignant que ce dialogue constituait un « choix volontaire » qui n’était imposé ni par l’État ni par la commission qui le supervise.
Ould M’Balla a ajouté, lors d’une conférence de presse samedi soir, que le dialogue avec les détenus ne garantissait pas nécessairement que les participants renoncent à leurs idées, car « une personne peut essayer, ne pas être convaincue et abandonner », précisant que le refus de certains détenus de participer au dialogue ou leur retrait de celui-ci restait une décision personnelle dont les conséquences incombaient aux parties concernées.
Ces déclarations font suite à l’annonce par 14 détenus condamnés dans des affaires liées au « terrorisme » de leur repentir et de leur renoncement aux idées extrémistes, neuf d’entre eux ayant bénéficié d’une grâce présidentielle et de mesures d’allègement de peine.
Ould M’Balla a déclaré que le dialogue avec les détenus salafistes n’était pas nouveau, mais qu’il s’étendait sur près de deux décennies, soulignant que d’autres groupes avaient déjà annoncé des revirements idéologiques similaires, dont certains avaient donné lieu à une grâce présidentielle.
Le président de la commission a précisé que le rythme du dialogue s’était intensifié depuis le dernier mois de ramadan et que les séances s’étaient poursuivies avec les détenus qui avaient récemment annoncé leur repentir, indiquant que les discussions avaient porté sur des questions idéologiques et religieuses faisant l’objet de divergences, notamment la gouvernance, l’ordre du bien et l’interdiction du mal, le djihad et l’allégeance.
Ould M’Balla a souligné que ces questions avaient été abordées sous l’angle de la charia et sur la base des textes religieux, avant que les détenus concernés n’annoncent qu’ils renonçaient à leurs anciennes idées et se repentaient.




