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Burkina Faso : Al Qaida serre l’étau autour de la ville de Djibo

Le Nusrat al-Islam wal-Muslimin (NIM), affilié à Al-Qaïda, a tué 200 soldats burkinabés lors de l’attaque de dimanche dernier contre la ville de Djibo, selon un site spécialisé dans les affaires des milices armées.

Le groupe armé terroriste a revendiqué l’attaque dans un communiqué jeudi.

La branche burkinabé du Nusrat al-Islam wal-Muslimin (NIM) a publié des photos d’équipements, de munitions et d’armes qu’elle dit avoir obtenus après l’attaque de dimanche contre une caserne de l’armée à Djibo.

Le site, spécialisé dans les groupes armés, indique que l’attaque de dimanche à Djibo s’inscrit dans le contexte de l’activité croissante et de l’escalade du NISM au Burkina Faso, en particulier au cours des derniers mois, lorsque le groupe a lancé plusieurs attaques meurtrières.

En début de semaine, des militants ont publié sur les réseaux sociaux des photos montrant des hommes armés dans un bureau avec, en arrière-plan, le portrait d’Ibrahim Traoré, le président de transition du Burkina Faso.

Les activistes ont déclaré que ces photos témoignaient de la prise d’une caserne de l’armée à Djibo par le groupe armé terroriste.

Les autorités du Burkina Faso n’ont pas commenté cette attaque.

Mise en garde

Dans le même contexte, il y a quelques jours, Nusrat al-Islam wal-Muslimin a publié une vidéo dans laquelle Ousmane Dicko, le chef de la branche du groupe au Burkina Faso, enjoignant les habitants de Djibo de quitter la ville s’ils veulent être en sécurité.

Diko a averti que les militants du groupe lanceraient une attaque de grande envergure sur la ville.

La date de la vidéo, qu’elle soit antérieure ou postérieure à l’attaque de dimanche, n’est pas claire.

Reuters a cité des sources locales à Djibo selon lesquelles des hommes armés, au nombre de plusieurs dizaines, ont attaqué la ville dimanche, tuant des civils et plusieurs membres de l’armée, et attaquant également un quartier général de la police et un marché de la ville.

Ces derniers mois, le Nusrat al-Islam wal-Muslimin (NIM) a intensifié ses attaques, mais c’est au cours des dernières semaines qu’elles ont été les plus meurtrières.

Dimanche dernier, le groupe a lancé des attaques simultanées au Burkina Faso et une autre sur un site minier exploité par une société chinoise au Mali voisin.

L’étincelle à l’origine du coup d’État

Djibo, ville du nord du Burkina Faso, près de la frontière avec le Mali a été en 2022, le point de départ du second coup d’État mené par le lieutenant Ibrahim Traoré, après l’attaque, le 26 septembre, d’un convoi de 150 camions transportant des denrées alimentaires vers la ville, qui était gardé par des membres de l’armée.

Après son coup d’État contre le colonel Paul-Henri Damiba, Traoré a promis de rétablir la sécurité et d’éradiquer les groupes armés terroristes.

Les habitants de la ville, située à 200 kilomètres au nord de la capitale Ouagadougou, sont descendus dans la rue en juillet de l’année dernière, critiquant « l’incapacité des autorités militaires à les protéger », étant donné que leur ville est assiégée par des groupes armés depuis plus de deux ans.

Le même mois, des hommes armés ont pris pour cible un site de Médecins sans frontières (MSF) lors d’une attaque menée à la mi-juillet dans la ville.

Djibo est située à proximité de ce que l’on appelle le « triangle de la mort », la zone des trois frontières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, où des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique sont particulièrement actifs.

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