La coalition de l’opposition démocratique en Mauritanie a rejeté ce mercredi les appels en faveur d’un troisième mandat présidentiel, avertissant que toute tentative visant à modifier ou à contourner les restrictions constitutionnelles relatives au mandat du président constituerait une menace pour la transmission pacifique du pouvoir et la stabilité politique et institutionnelle du pays.
Dans un communiqué, la coalition a déclaré que les appels en faveur d’un troisième mandat, notamment ceux émanant de ministres, d’élus et de hauts fonctionnaires, allaient à l’encontre de la responsabilité qui incombe aux titulaires de fonctions publiques de défendre la Constitution et la loi.
Elle a ajouté que les dispositions constitutionnelles relatives aux mandats présidentiels sont inviolables, estimant que toute tentative visant à les modifier ou à les contourner constitue une violation de la lettre et de l’esprit de la Constitution.
La coalition a averti que le contournement des restrictions constitutionnelles relatives à la rotation du pouvoir risquait d’entraîner des crises et des divisions et de saper la confiance dans les institutions de l’État, au lieu de contribuer à la stabilité.
Elle a appelé les auteurs de ces appels à y renoncer, leur attribuant la responsabilité politique et nationale de toute tension ou agitation qui pourrait en découler.
La coalition a déclaré que la Mauritanie « n’appartient à personne » et que le pouvoir est une responsabilité temporaire exercée dans le cadre de la Constitution et de la loi, mettant en garde contre toute tentative de présenter un troisième mandat comme une solution pour la stabilité.
Elle a également estimé que le fait d’évoquer la question d’un troisième mandat à l’heure actuelle risquait de détourner l’attention de l’opinion publique des problèmes économiques et sociaux, notamment la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, le chômage et la médiocrité des services.
La coalition a réaffirmé son attachement à la Constitution et au principe de la transmission démocratique et pacifique du pouvoir, appelant les forces politiques, nationales et sociétales à s’opposer à toute tentative visant à porter atteinte à ce principe.
La déclaration de la coalition intervient alors que s’intensifient, au sein de la scène politique, les appels demandant que le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani soit autorisé à se présenter pour un troisième mandat présidentiel, bien que la Constitution mauritanienne limite le nombre de mandats présidentiels à deux.
La coalition a déclaré que la protection de la Constitution relevait de la responsabilité de tous les Mauritaniens, en particulier des responsables de l’État, ajoutant que le maintien de la stabilité passe par le respect des institutions et des règles régissant la transmission du pouvoir, et non par la prolongation du mandat des dirigeants.




