Le Maroc a alloué 140 milliards de dirhams aux secteurs de l’éducation et de la santé dans le cadre du projet de loi de finances pour l’année 2026, avec la création de plus de 27 000 chapitres financiers pour renforcer les services sociaux et améliorer la qualité de l’offre publique dans ces deux secteurs vitaux.
Cette décision a été prise lors d’un conseil des ministres présidé par le roi Mohammed VI, dimanche, au palais royal de Rabat, afin de débattre des orientations générales du projet de loi de finances pour l’année 2026 et d’approuver des projets de lois organiques et deux décrets concernant le domaine militaire, ainsi qu’un certain nombre d’accords internationaux et de nominations à des postes de haut niveau.
Le projet vise à soutenir les infrastructures sanitaires par l’ouverture des centres hospitaliers universitaires d’Agadir et de Laâyoune, l’achèvement de la construction et l’équipement du centre hospitalier Ibn Sina à Rabat, la poursuite des travaux de construction des centres universitaires de Beni Mellal, Gloumime et Errachidia, ainsi que la réhabilitation et la modernisation de 90 hôpitaux dans différentes régions du pays.
Dans le domaine de l’éducation, le projet prévoit d’accélérer la mise en œuvre de la feuille de route pour la réforme de l’éducation, en mettant l’accent sur la généralisation de l’enseignement primaire, l’amélioration de la qualité de l’apprentissage et le renforcement du soutien social à la scolarisation.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, l’économie marocaine devrait enregistrer une croissance de 4,8 % en 2025, avec une inflation maîtrisée à 1,1 % et un déficit budgétaire limité à 3,5 % du produit intérieur brut.
Priorités
Le projet de loi de finances s’articule autour de priorités fondamentales visant à stimuler l’investissement national et étranger, à accélérer la mise en œuvre du pacte d’investissement, à dynamiser l’offre du Maroc en matière d’hydrogène vert, à améliorer le climat des affaires et à renforcer le partenariat entre les secteurs public et privé.
Le projet vise également à soutenir les petites et moyennes entreprises, piliers de l’emploi, grâce à de nouveaux mécanismes d’aide technique et financière, et à encourager l’intégration des jeunes et des femmes sur le marché du travail, avec des programmes spécifiques visant à réduire les effets de la sécheresse sur l’emploi en milieu rural.
Dans le même ordre d’idées, le projet vise à consolider les fondements de l’État social en poursuivant la mise en œuvre du programme d’aide sociale directe au profit de quatre millions de familles et en augmentant les allocations mensuelles pour les enfants à un montant compris entre 50 et 100 dirhams, avec une aide spéciale pour les orphelins et les enfants placés dans des institutions sociales.
Il prévoit également la généralisation des régimes de retraite et d’indemnisation en cas de perte d’emploi, ainsi que la poursuite du programme d’aide directe au logement principal.
Le projet comprend également la réforme de la loi organique des finances afin de renforcer la transparence et la responsabilité et d’améliorer la gouvernance de la gestion des politiques publiques, ainsi que la poursuite de la réforme des institutions et des entreprises publiques et le renforcement de leur rentabilité, et la poursuite de la modernisation du système judiciaire afin de rapprocher la justice des citoyens, selon le communiqué.
Projets de loi
Le Conseil des ministres a approuvé quatre projets de loi organique, dont un projet de loi organique relatif à la Chambre des représentants visant à dynamiser la vie électorale, à durcir les sanctions contre les infractions et à inciter les jeunes de moins de 35 ans à se porter candidats en leur accordant une aide financière couvrant 75 % des dépenses de campagne électorale.
Un projet de loi organique sur les partis politiques visant à renforcer la participation des femmes et des jeunes, à améliorer leur gouvernance et à contrôler leurs finances a également été approuvé.
L’approbation a également porté sur deux projets relatifs aux conditions de paiement pour inconstitutionnalité des lois et à l’organisation de la Cour constitutionnelle, dans le but d’améliorer l’efficacité de cette institution et ses règles de fonctionnement.
Décrets militaires
Le Conseil a approuvé un projet de décret relatif au statut des agents de la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information relevant de l’Administration de la défense nationale, dans le but d’attirer les compétences et d’accorder des rémunérations adaptées à la nature des missions sensibles qui leur sont confiées.
Un autre projet de décret a également été approuvé. Il concerne l’organisation de l’École royale au service de la santé militaire et prévoit la création d’un conseil de recherche scientifique au sein de l’institution, ainsi que la possibilité pour les candidats admis de bénéficier du statut financier accordé aux élèves officiers des différentes écoles militaires.
Accords internationaux
Le Conseil des ministres a approuvé 14 accords internationaux, dont dix accords bilatéraux et quatre accords multilatéraux, couvrant les domaines de la justice, de la défense, de la fiscalité, des services aériens et de la sécurité sociale.
Les accords multilatéraux prévoient notamment que le Maroc accueille les sièges de l’Organisation africaine des institutions supérieures de contrôle des finances et des comptes publics et de la Confédération des conseils économiques et sociaux africains.
À l’issue des travaux du Conseil, le roi Mohammed VI a approuvé plusieurs nominations à des postes de haut niveau, notamment celles de plusieurs gouverneurs et préfets dans plusieurs régions et provinces, ainsi que la nomination de Tarik El Sanhaji à la présidence de l’Autorité marocaine des marchés financiers.




