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Sénégal : des élections législatives sur fond de calculs politiques

Les électeurs sénégalais se rendent ce dimanche aux urnes pour choisir leur 165 députés à l’assemblée nationale pour les 5 prochaines années, ceci pour la 14ème fois depuis l’indépendance du pays en 1960.

En lice 8 listes, avec en tête la coalition soutenant le président Macky Sall et celle constituée de certains partis de l’opposition dirigée par l’ancien candidat aux élections présidentielles de 2019, Ousmane Sanogo.

Afin de barrer la route à la majorité deux listes se sont liguées contre elle, dans les trois circonscriptions les plus importantes et qui comptent le plus grand nombre de sièges, à Dakar (18 sièges), Thiès (10 sièges) et enfin Diourbel (9 sièges) et parmi celles-ci celle dirigée par l’ancien président Abdoullaye Wade.

Selon les autorités sénégalaises le nombre d’inscrits sur la liste électorale a atteint plus de six millions sept cents milles, répartis entre 15.500 bureaux de vote à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Les sénégalais choisiront leurs députés suivant un système composé, qui prévoit de voter pour 112 parlementaires parmi les listes présentées par les partis politiques, tandis que les 53 autres députés seront choisis suivant la proportionnelle en fonction du nombre de voix obtenues par les partis réunis sur le plan national.

Le ministère sénégalais de l’intérieur avait interdit depuis vendredi soir les déplacements entre les régions et cela jusqu’au lundi, une mesure sécuritaire avant le scrutin.

Avaient été exemptés de cette mesure, les ministres, les responsables, les diplomates, les médecins et les personnes munies d’autorisations spéciales délivrées par les autorités régionales.

Il n’a pas été enregistré d’incidents lors de la campagne électorale qui a été cependant précédée par des violences à Dakar, afin de protester contre une décision du conseil constitutionnel de rejeter une liste additive de l’alliance dirigée par Ousmane Sanogo.

L’opposition avait décidé d’annuler les manifestations qu’elle avait prévues, prétextant l’approche de la fête d’Al Adha.

Lors de la campagne électorale l’opposition a joué sur la fibre du troisième mandat du président Macky Sall, tandis que la majorité faisait prévaloir le bilan des dernières années réalisé par le chef de l’état.

Les deux parties ont essuyé les critiques des observateurs et des spécialistes des affaires intérieures sénégalaises qui leur reprochent de s’être éloignées des problèmes des populations et leurs soucis quotidiens.

Certains leur reprochent d’avoir ignoré des sujets importants comme par exemple celui de la réforme de l’assemblée nationale, considérant que le pouvoir exécutif au Sénégal est plus fort, comparé aux deux autres pouvoirs, législatif et judiciaire, malgré le principe de la séparation des pouvoirs.

Un journaliste et analyste politique, N’Gor N’Gom, estime que l’opposition n’obtiendra pas une majorité écrasante à Dakar, du fait des dernières modifications effectuées par la majorité, en plus de divisions internes notamment dans les parcelles assainies, l’une des plus grandes communes de la capitale.

La majorité au pouvoir œuvre à conserver le nombre de sièges (125/165) obtenu lors des élections de 2017.

Une inquiétude cependant, à propos du taux de participation à des élections, intervenues en plein hivernage et que les prévisions météorologiques prévoient d’importantes pluies ce dimanche.

Pour rappel celui des dernières élections avait été de 54%.

Après ces élections les sénégalais s’attendent à ce que le président Macky Sall nomme un premier ministre, un poste qui avait été supprimé il y a quelques années, mais aussi au départ de Moustapha Niass de la présidence de l’assemblée nationale, lui qui avait occupé le perchoir depuis 2012.

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