Le parti au pouvoir au Sénégal, le « Pastef », a déclaré qu’il subordonnait sa participation au nouveau gouvernement au respect d’une série d’engagements politiques et économiques, alors que le pays connaît actuellement un remaniement du paysage institutionnel à la suite de la nomination d’un nouveau Premier ministre et de l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale.
Le bureau exécutif du parti a précisé, dans un communiqué publié mardi, que certains de ses membres avaient été contactés par la présidence de la République pour participer à des consultations relatives à la formation du gouvernement du nouveau Premier ministre, Ahmedou El-Amine Mohamed Lo, nommé lundi soir pour succéder à Ousmane Sonko.
Le parti a affirmé sa volonté de soutenir le président sénégalais « dans le cadre d’une coopération franche et responsable », mais a posé comme condition le respect du programme politique qui a porté le parti au pouvoir lors des élections de 2024, ainsi que la clarification des mécanismes de gestion de la dette souveraine, ainsi que la suspension des mesures entraînant une hausse du coût de la vie, la poursuite de la révision des contrats stratégiques, le renforcement de la lutte contre la corruption et du contrôle des fonds opaques, sans oublier le traitement des dossiers judiciaires et la définition de la structure et de la répartition des portefeuilles ministériels.
Le communiqué a souligné que toute discussion concernant la participation au gouvernement doit se dérouler dans le cadre des « instances institutionnelles habilitées au sein du parti », et non par le biais de contacts individuels avec les membres, avertissant que tout membre participant aux consultations à titre personnel « en assumera la responsabilité individuelle ».
La position du parti a été rendue publique au lendemain de la nomination d’Ahmedou El Aminou Mohamed Lo au poste de Premier ministre lui qui occupait auparavant le poste de ministre d’État chargé du suivi de l’« Agenda Sénégal 2050 » et qui a également travaillé comme cadre à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
Le nouveau Premier ministre a déclaré que sa nomination ne représentait pas « un changement de cap », mais « un changement de méthode de travail », affirmant que toutes les politiques générales se poursuivraient dans le cadre de l’« Agenda Sénégal 2050 ».
Par ailleurs, Ousmane Sonko, qui a retrouvé son siège au Parlement, a été élu président de l’Assemblée nationale sénégalaise avec 132 voix sur 133, à la suite de la démission de l’ancien président de l’Assemblée, Malick Ndiaye.
Dans son discours d’investiture, Ousmane Sonko a affirmé que le Parlement exercerait pleinement ses pouvoirs constitutionnels, notamment le contrôle de l’action du gouvernement et l’évaluation des politiques publiques.




