Selon des sources locales et un responsable municipal, une unité de l’armée malienne a pénétré samedi dans des villages frontaliers relevant de la commune de Gougui, dans la moughata de Kobeni, dans la wilaya du Hodh El Gharbi, au sud-ouest de la Mauritanie. Il s’agit du troisième incident de ce type au cours des dernières semaines.
Les sources ont ajouté que l’unité a parcouru les villages et informé les habitants que la zone se trouvait sur le territoire malien, sans qu’aucun affrontement ni blessé ne soit à déplorer.
Des vidéos obtenues par « Sahara Media » montrent des véhicules blindés entrant dans les villages et s’y déplaçant.
Une unité de l’armée malienne avait pénétré dans un village situé sur le territoire mauritanien le 25 mars dernier et avait demandé aux habitants s’il appartenait au Mali, avant que ceux-ci ne confirment qu’il s’agissait d’un village mauritanien.
La Mauritanie avait déjà accusé l’armée malienne d’avoir tué deux bergers mauritaniens le mois dernier alors qu’ils gardaient leur bétail sur le territoire malien.
L’armée mauritanienne a déclaré que la mort de trois bergers, dont deux Mauritaniens et un Malien, s’était produite sur le territoire malien près de la frontière avec la Mauritanie, affirmant que ses unités n’étaient pas impliquées dans l’incident.
L’armée a précisé, dans un communiqué, qu’une force armée composée de cinq véhicules et d’une vingtaine de motos était arrivée le matin du 20 mars dans le village malien de « Yakna », situé à environ 12 kilomètres de la frontière mauritanienne et à 40 kilomètres du village « Abgidida » sur le territoire mauritanien, où elle a arrêté trois bergers qui ont ensuite été retrouvés morts.
Le gouvernement mauritanien a exprimé sa « vive condamnation » et sa « profonde inquiétude » face aux événements sécuritaires survenus récemment sur le territoire malien près de la frontière, qui ont coûté la vie à plusieurs citoyens mauritaniens.
Dans un communiqué, le ministère mauritanien des Affaires étrangères avait condamné ces actes « avec la plus grande fermeté », réaffirmant que la protection des citoyens constituait une « ligne rouge ».
Le gouvernement mauritanien a appelé les autorités maliennes à mettre un terme à ces violations répétées qui visent des Mauritaniens au Mali depuis quatre ans, et les a exhortées à assumer leurs responsabilités en ouvrant des enquêtes urgentes et transparentes afin de faire la lumière sur les circonstances de ces incidents, de traduire en justice les responsables et d’assurer la protection des civils.




