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La base des coups d’état maliens sous les feux des combattants d’Al Qaida

Brahim El Herim, correspondant de Sahara Medias au Mali

 

Tôt vendredi, des explosions et des tirs d’armée nourris ont été entendus dans la ville de Kati, où se trouve la plus grande base de l‘armée malienne, située à 15 km au nord-est de la capitale malienne Bamako.

Panique et terreur parmi les habitants de cette localité qui se sont habitués à voir partir de cette base tous les coups d’état menés par l’armée malienne.

Très rapidement les réseaux sociaux se sont enflammés évoquant un énième coup d’état, avant d’observer, au lever du jour d’épaisses fumées s’élevant de la base militaire sensée protéger la capitale et qu’on ait confirmation d’une attaque terroriste contre les lieux.

L’armée malienne s’est empressée de rassurer les populations, dans un communiqué publié en milieu de journée précisant que la base a été attaquée par des hommes armés appartenant à la « Katiba Massina » affiliée à l’organisation état islamique.

Selon la version de l’armée malienne les assaillants ont utilisé deux véhicules pleins d’explosifs mais que les soldats ont repoussé l’attaque », faisant échouer le plan des assaillants qui ciblaient la direction du matériel, du transport et des hydrocarbures.

Selon le bilan révélé par l’armée malienne, un soldat a été tué en plus de 6 blessés dont un civil, et du côté des assaillants 7 tués et 8 arrêtés.

La situation serait sous contrôle et une vaste opération de ratissage a été entamée dans la zone à la recherche d’éventuels assaillants qui appartiendraient au front Macina, une branche du groupe Nousratou Al Islam we El Mouslimine très actif dans la région du delta du Niger, au centre du Mali qui mène, de temps à autre des attaques contre des positions de l’armée malienne.

Selon les médias locaux les assaillants ont utilisé, outre les deux véhicules piégés, des armes lourdes et des roquettes lors de l’attaque de la base militaire qui a débuté à 5 heures et duré près d’une heure.

Un objectif majeur

Les événements de Kati, la cité caserne, ont eu de larges répercussions dans la capitale, Bamako, où les autorités ont renforcé les mesures de sécurité sur les principaux axes routiers de la ville, et devant le complexe ministériel au centre de Bamako, et fermé la route menant à l’aéroport, avant de le rouvrir en début d’après-midi.

Le président de la transition malienne le colonel Assimi Goïta, un certain nombre d’officiers supérieurs et des dirigeants de la transition résident dans la base de Kati, la ville malienne la plus sécurisée du pays et qui abrite le plus grande base de l’armée malienne, et qui constitue la première ligne de défense de la capitale.

La base Soundiata Keïta, qui se trouve dans cette ville, abrite la majorité des équipements de l’armée de terre malienne, l’école de Bretagne créée en 1981 et les domiciles des officiers supérieurs et les dirigeants de l’armée en plus de centaines de soldats.

Il est évident que l’attaque de cette base militaire, d’un si grande importance, porte un certain nombre de messages que les autorités maliennes se doivent de déchiffrer et de composer avec.

Selon un analyste allemand, résidant à Bamako, cette attaque, même si elle intervient en représailles de la part des combattants d’Al Qaida suite aux opérations de l’armée malienne dont la cadence s’est accélérée ces derniers temps, n’en demeure pas moins un message clair du groupe armé aux autorités maliennes pour leur signifier qu’elle continue d’exister et de se renforcer et qu’elle est capable de frapper au cœur du pouvoir.

Cet analyste qui représente le Centre Friedrich-Ebert-Stiftenberg au Mali, ajoute que pas plus tard que jeudi, Al Qaida a attaqué plusieurs sites de l’armée malienne, dont une base non loin de la capitale, Bamako afin de nuire à l’armée malienne.

Bamako, prochain objectif ?

Depuis 2012 et malgré la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, Kati est restée en dehors du champ d’action des groupes armés islamistes jusqu’aux attaques de 2015 et 2016 menées contre des hôtels à Bamako mais jamais contre Kati, la « cité caserne ».

Pour le journaliste malien, Mamadou Kamara, le message d’Al Qaida est clair : « on est à la porte de Bamako après que nos opérations étaient menées loin de la capitale. »

Il estime que cette opération est destinée à semer la panique et la peur au sein de l’armée et des autorités ».

Les autorités maliennes de transition, depuis leur arrivée au pouvoir, ont promis le rétablissement de la sécurité et la lutte contre les groupes armés dans le pays.

Selon ACLED, une organisation non gouvernementale qui suit les foyers de tension dans le monde, les attaques armées se sont intensifiées au Mali depuis le début de cette année, bien que les autorités soutiennent avoir réussi d’importants progrès et avoir renforcé l’armée qui a lancé plusieurs opérations contre les groupes armés islamistes.

 

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