Sahara Médias Dakar
D’un pas assuré, Ahmadou El Amine Lo a traversé les couloirs du palais présidentiel, où le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye l’attendait à l’entrée de son bureau.
Celui-ci lui a serré la main, puis ils se sont assis pour que Lo puisse écouter les instructions du président concernant le programme d’action du gouvernement qu’il formera dans les prochains jours.
En choisissant Ahmadou El-Amine Lo au poste de Premier ministre, le président sénégalais semblait miser sur une personnalité dotée d’une solide expérience administrative, qui œuvre au sein des institutions de l’État plutôt que de rechercher la notoriété médiatique ou une présence politique tapageuse. Ce profil s’est clairement reflété dans la première déclaration du Premier ministre après sa nomination, où il s’est présenté dans un cadre d’engagement politique et institutionnel, affirmant sa confiance en le président et estimant que ce poste représente avant tout une lourde responsabilité qui exige de la discipline plus que toute autre chose.
Un produit de l’administration
Ahmedou El-Amine Lo, expert financier, a mené l’essentiel de sa carrière au sein de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), où il a gravi les échelons au sein de l’une des plus importantes institutions financières souveraines d’Afrique de l’Ouest et occupé plusieurs postes stratégiques, notamment celui de directeur national pour le Sénégal et de conseiller du gouverneur.
Le nouveau Premier ministre sénégalais est titulaire d’un diplôme en sciences économiques de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, ainsi que d’un master en finance islamique obtenu dans une université malaisienne.
Ahmedou El-Amine Lo est l’un des principaux artisans de la nouvelle orientation lancée par le président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, après leur arrivée au pouvoir en 2024.
Lo était proche du président Faye et a occupé, au cœur du pouvoir exécutif, le poste de ministre secrétaire général du gouvernement.
Les priorités du gouvernement
Le nouveau Premier ministre a défini plusieurs priorités, au premier rang desquelles figurent l’amélioration des conditions de vie des citoyens, le renforcement de la souveraineté économique et le soutien à la stabilité financière, dans un contexte régional marqué par des fluctuations économiques et des tensions sécuritaires.
Il a également appelé à une large mobilisation nationale autour du projet d’État, incluant les jeunes, les femmes, les acteurs religieux, la société civile et la diaspora, afin de soutenir la transition économique.
Dans un message adressé aux investisseurs et aux partenaires internationaux, il a affirmé que « le Sénégal est un pays sûr et fiable et le restera », dans le but de rassurer les acteurs économiques et de préserver l’attractivité du pays en matière d’investissement.
La tâche ne sera pas facile dans une phase politique délicate, car la mise en œuvre des réformes devra passer par le Parlement pour obtenir la confiance de la majorité détenue par le parti Pastef, qui réorganise ses rangs au sein de l’assemblée législative après la destitution d’Ousmane Sonko et la démission de Malick Ndiaye.




