Les États-Unis ont intensifié leurs efforts diplomatiques envers le Mali, avec la visite à Bamako de Frank Garcia, sous-secrétaire d’État américain chargé des affaires africaines. Il s’agit de la dernière initiative en date visant à rétablir la coopération économique et sécuritaire avec les pays du Sahel, après le retrait de la présence militaire américaine dans la région.
Le Premier ministre malien, Abdallah Maïga, a reçu Garcia le 17 juillet. Le responsable américain, qui a pris la tête du Bureau des affaires africaines du Département d’État en juin, s’est également entretenu avec le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, dans le cadre d’une tournée qui l’a conduit au Nigeria, en Côte d’Ivoire et au Mali entre le 11 et le 18 juillet.
Le gouvernement malien a indiqué que les discussions avaient porté sur les secteurs de l’exploitation minière, des technologies de pointe, de la santé et de l’investissement, ainsi que sur la coopération en matière de sécurité, tandis que les deux parties ont réaffirmé leur volonté de développer un partenariat fondé sur les priorités du Mali et les intérêts économiques mutuels.
Le responsable américain a également salué la décision du Mali de se retirer de la Cour pénale internationale, après une annonce similaire de la part du Burkina Faso et du Niger. Les trois pays avaient annoncé leur intention de se retirer en septembre 2025, avant de déposer leurs notifications officielles auprès des Nations unies en juin 2026, le retrait devant prendre effet un an après la date de chaque notification.
Cette position reflète un rapprochement limité entre Washington et les pays de la coalition du Sahel, l’administration du président américain Donald Trump ayant déjà critiqué la CPI et l’ayant accusée de mener des procédures « sélectives et politisées » ; cela ne signifie toutefois pas qu’il existe un consensus plus large entre les deux parties sur d’autres dossiers.
La visite de Garcia s’inscrit dans le prolongement d’une série de contacts américains avec Bamako qui a débuté en juillet 2025, lorsque Rudy Atallah, alors responsable au sein du Conseil national de sécurité américain, s’y était rendu, lors de la première visite américaine de haut niveau depuis 2022.
Cette visite a été suivie de rencontres entre le sous-secrétaire d’État adjoint William Stevens et des responsables maliens afin d’examiner la coopération dans les domaines de la sécurité, du commerce et de l’exploitation de l’or et du lithium ; puis, en août de la même année, la commission américaine des affaires étrangères de la Chambre des représentants a dépêché une équipe de ses conseillers au Mali.
En février 2026, le responsable américain Nick Checker s’est rendu à Bamako, où il a réaffirmé le respect de son pays pour la souveraineté du Mali ainsi que sa volonté d’ouvrir un nouveau chapitre de coopération axé sur la lutte contre le terrorisme et le développement économique, avant de poursuivre sa tournée au Burkina Faso et au Niger.
Ces visites reflètent un changement d’approche des États-Unis vis-à-vis de l’Afrique, la nouvelle politique mettant l’accent sur l’expansion du commerce et des investissements privés, la sécurisation de l’accès aux minerais stratégiques et la mise en place de partenariats de sécurité fondés sur les priorités des gouvernements africains, plutôt que sur une présence militaire directe.




