Le Burkina Faso a officiellement annoncé ce vendredi la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, alors que la présence de Paris dans la région du Sahel est en recul.
Le porte-parole du gouvernement burkinabé, Bingdouindi Gilbert Ouédraogo, a déclaré que cette décision faisait suite à une évaluation approfondie de l’état actuel des relations bilatérales entre le Burkina Faso et la France, car « il est apparu que les conditions fondamentales nécessaires à l’établissement de relations fondées sur le respect mutuel, la confiance réciproque, le respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et la préservation de la souveraineté nationale n’étaient plus réunies ».
Il a précisé que cette situation se manifeste « notamment par l’action continue du régime en place en France contre les intérêts du Burkina Faso, ainsi que par de nouvelles ambitions coloniales qui se traduisent par un soutien effectif aux réseaux subversifs et aux groupes terroristes qui sèment le chaos dans notre pays et dans la région du Sahel ».
Il a évoqué « les discours partiaux et trompeurs qui visent à présenter notre pays comme un État paria au sein de la communauté internationale ». Il a souligné que « cette décision n’affecte en aucun cas les liens historiques, humains, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabé et français, mais se limite exclusivement au cadre institutionnel des relations diplomatiques entre les deux États ».
Depuis la prise de pouvoir par le président de transition Ibrahim Traoré au Burkina Faso à la suite d’un coup d’État militaire en 2022, les relations entre Ouagadougou et Paris se sont nettement détériorées.
De plus, la France n’a pas nommé d’ambassadeur au Burkina Faso depuis que ce dernier a déclaré, début 2023, persona non grata l’ambassadeur français à Ouagadougou, « Luc Haladi ».



