Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé ce lundi que le renforcement des investissements dans le secteur de la santé exigeait de passer de la phase de discussion à celle de la mise en œuvre, en établissant des partenariats concrets qui soutiennent les systèmes de santé et favorisent le développement de l’industrie pharmaceutique.
Dans un discours prononcé lors du Forum régional sur l’investissement dans le secteur de la santé qui s’est tenu à Nouakchott, Ghebreyesus a déclaré que le monde réévaluait les mécanismes de financement du secteur de la santé et mettait en place des systèmes mieux à même de faire face aux crises, estimant que l’accueil de ce forum par la Mauritanie plaçait le pays au cœur de cette dynamique, en réunissant les gouvernements, les institutions financières, les investisseurs et les partenaires du développement.
Il a ajouté que la pandémie de Covid-19 avait mis en évidence la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales et révélé les risques liés à la dépendance de nombreux pays vis-à-vis d’un nombre limité de centres de production de médicaments, de vaccins et de matériel médical, ce qui a rendu leur accès difficile en période de crise.
Il a déclaré que l’investissement dans la santé n’était plus considéré comme une dépense publique, mais comme un moteur de la croissance économique, de l’augmentation de la productivité et de la création d’emplois, soulignant que les dépenses consacrées au renforcement des systèmes de santé génèrent des retombées économiques supérieures à leur valeur.
Il a souligné que l’Afrique représente l’une des destinations d’investissement les plus prometteuses dans le secteur de la santé, car elle abrite la population la plus jeune au monde et devrait accueillir un quart de la population mondiale d’ici le milieu du siècle, ce qui renforce ses chances de devenir un pôle de production et d’innovation dans les industries de la santé.
Le directeur général de l’OMS a appelé à développer la production nationale de médicaments, de vaccins et de moyens de diagnostic afin de réduire la dépendance vis-à-vis des importations.
Il a également insisté sur la nécessité de mobiliser les ressources locales, d’encourager les investissements du secteur privé, de mettre en place des mécanismes de financement durables et de renforcer les services de soins de santé primaires.
Il a précisé que l’Organisation mondiale de la Santé collabore avec les gouvernements et les institutions financières pour transformer les plans nationaux en projets d’investissement finançables, soulignant que la Mauritanie fait partie des pays qui explorent cette voie, parallèlement au soutien apporté par l’Organisation aux initiatives de transfert de technologie, au renforcement de la production locale et au développement des capacités humaines dans les industries de la santé.
Il a souligné que la mise en place d’une industrie de la santé solide ne se limite pas à la création d’usines, mais nécessite également le développement des compétences humaines, le renforcement des cadres réglementaires et de contrôle, le transfert de technologies et l’instauration d’un climat de confiance capable d’attirer les investissements, insistant sur le fait que le partenariat entre les gouvernements, le secteur privé et les institutions financières constitue un pilier essentiel pour parvenir à une sécurité sanitaire plus durable.




